POLITIQUE

La CAQ veut mettre un terme aux nominations partisanes

17/03/2014 10:21 EDT | Actualisé 17/05/2014 05:12 EDT
PC

MONTRÉAL - François Legault a tout fait, lundi matin, pour mettre en valeur ce qui le différencie de Philippe Couillard, après que le chef libéral eut laissé entendre la veille qu'il alignait sa position sur la question constitutionnelle sur celle de la Coalition avenir Québec (CAQ).

Le chef caquiste a soutenu que son adversaire libéral était «vraiment désespéré». Il l'a accusé de changer de position sur la question constitutionnelle à chaque jour.

Bombardé de questions par la presse sur ses allégeances, M. Legault n'a pas voulu utiliser lui-même le mot «fédéraliste» pour se définir. Il a cependant certifié que si un autre référendum devait avoir lieu, il voterait non.

François Legault a répété qu'il ne veut pas de référendum tant que le Québec recevra de la péréquation. «L'objectif est péréquation zéro!», a-t-il lancé. Le chef de la Coalition estime qu'un gouvernement caquiste pourrait permettre une telle chose d'ici dix ans.

«Ensuite, les plus jeunes dans 10 ans, 15 ans ou 20 ans, recommenceront s'ils le veulent à s'obstiner entre signer la Constitution canadienne ou faire un référendum sur la souveraineté. Ce que je veux, c'est leur permettre d'avoir ce choix-là», a-t-il indiqué.

Si les circonstances étaient plus favorables économiquement, voterait-il pour le oui? «Je suis nationaliste. Actuellement, je crois que les deux options se valent, mais ce n'est pas le moment de faire un référendum. Pour l'instant, il faut se concentrer sur l'économie», a-t-il soutenu.

Dimanche, lorsque questionné à savoir si comme François Legault, il associait la question constitutionnelle à de vieux débats, le chef libéral Philippe Couillard avait affirmé: «même chose pour moi». Lundi matin, M. Couillard a dit que comme M. Legault, il croit qu'il n'est pas «urgent» de rouvrir ce dossier, mais il a accusé le chef caquiste de ne pas s'être prononcé fermement sur la question.

Dans un point de presse improvisé en fin de journée, M. Legault a voulu être encore plus clair sur la question référendaire. «Je vais tout faire pour qu'il n'y ait pas de référendum! Sacrez-moi patience avec ce sujet-là! Les québécois ne veulent pas en entendre parler! Mme Marois et M. Couillard sont vraiment sur une autre planète», a-t-il affirmé.

Nominations partisanes des «vieux partis»

L'annonce du jour de la Coalition a aussi été une occasion pour François Legault d'attaquer les libéraux. Le chef de la CAQ s'est engagé à mettre un terme aux nominations partisanes et ce qu'il appelle les «parachutes dorés donnés aux petits amis du pouvoir».

«Pendant leurs neuf années au pouvoir, les libéraux ont fait 500 nominations partisanes. Cinq cents! Et 75 pour cent de toutes les nominations libérales, sur les conseils d'administration des sociétés d'État, avaient donné à la caisse du Parti libéral», a-t-il soutenu.

M. Legault a aussi déploré que le Parti québécois n'ait pas tenu ses promesses en cette matière, soulignant que depuis son élection en septembre 2012, le parti a procédé à une quarantaine de nominations partisanes, avec des gens ayant tous gravité dans l’entourage du PQ et du Bloc québécois comme attachés politiques, anciens candidats ou anciens députés. «Mme Marois a fait preuve d'hypocrisie», a lancé M. Legault.

Il a soutenu que le «meilleur exemple» de nomination partisane «aberrante» est celle de Nicolas Girard, président-directeur général de l'Agence métropolitaine de transport et ex-député péquiste.

«Il n'a jamais géré plus qu'un employé dans sa vie et on lui a demandé d'être président de l'AMT et de gérer 400 employés et des milliards de dollars. C'est sûrement pas le gestionnaire dont on a besoin à l'AMT», a dénoncé le chef caquiste.

Dans le cas de la nomination d'André Boisclair, François Legault a une interprétation différente. «Je crois qu'il était compétent pour aller gérer à New York, on ne parlait pas de gérer une grande entreprise. Là où il y a eu un sacré problème, c'est quand on lui a donné une permanence à vie», a-t-il précisé.

La CAQ considère également qu'il existe un grave problème de partisannerie dans le processus de nominations dans les tribunaux administratifs, mentionnant qu'une étude récente du professeur Pierre Noreau a démontré un manque flagrant d’indépendance et d’encadrement dans la nomination des juges administratifs du Québec.

François Legault s'est donc engagé à adopter une loi-cadre qui établira les règles générales pour la sélection et la nomination des décideurs administratifs indépendants et le renouvellement de leur mandat, dans l’esprit du projet de loi que la Coalition avenir Québec avait déposé à l’Assemblée nationale en avril 2013, afin d’encadrer la nomination de certains titulaires d’emplois supérieurs.

Privatisation de la SAQ?

Lors de son passage à l'émission Tout le monde en parle, dimanche, François Legault a dénoncé avec vigueur les prix des produits à la Société des alcools du Québec (SAQ) et il s'est montré ouvert à ce que la société d'État soit privatisée.

En point de presse, lundi, il a précisé sa pensée et soutenu que ce dossier ne serait pas une «priorité» sous un gouvernement caquiste.

«Dans un deuxième mandat, ça pourrait être intéressant. Il faudra regarder, mais on ne peut pas mener toutes les batailles, donc ça ne fait pas partie de notre programme pour les quatre prochaines années», a-t-il expliqué.

Selon lui, le gouvernement québécois ne devrait pas être un acteur dans le milieu de la vente au détail.

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