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France/pollution: Paris a redécouvert pour un jour la circulation alternée

17/03/2014 12:33 EDT | Actualisé 17/05/2014 05:12 EDT

Transports en commun ou covoiturage pour les bons élèves, amendes de 22 euros pour les récalcitrants : la capitale française et sa proche banlieue ont redécouvert lundi pour un jour la circulation alternée, mesure anti-pollution inédite depuis 1997.

La mesure, décidée ce week-end par le gouvernement, n'a pas été reconduite pour mardi en raison d'une "nette tendance à l'amélioration" du taux de pollution de l'air aux particules, qui avait connu des taux alarmants les jours précédents, a annoncé le ministre de l'Écologie, Philippe Martin lundi après-midi.

Cette amélioration avait été actée un peu plus tôt par l'Association de surveillance de la qualité de l'air en Ile-de-France (Airparif).

La concentration moyenne en particules a flirté avec le seuil d'information, fixé à 50 microgrammes, très en deçà du seuil d'alerte (80 microgrammes) atteint plusieurs jours consécutifs la semaine dernière avec des niveaux moyens autour de 110 microgrammes.

Ce taux reste très loin des records des villes les plus polluées de la planète, selon l'Organisation mondiale de la santé (0MS), dont le haut du classement est monopolisé par des agglomérations d'Iran, d'Inde et du Pakistan. En haut du classement Ahvaz (Iran) connaissait en 2009 des taux de 372 microgrammes par mètre cube.

M. Martin a salué "le civisme et la coopération des Franciliens". "90% des véhicules en circulation dans la capitale avaient une plaque impaire", a-t-il souligné.

Sauf dérogations, seules les voitures et motos dotées de plaques impaires étaient autorisées à circuler lundi, ainsi que les véhicules électriques ou hybrides, les voitures avec au moins trois personnes à bord, les voitures auto-écoles et les taxis.

En outre les véhicules autorisés devaient respecter les limitations de vitesse déjà en vigueur depuis plusieurs jours du fait de la pollution.

Selon le ministre les bouchons ont connu une diminution de 62% par rapport au lundi précédent.

L'effort est "accepté" par les automobilistes, a noté le Premier ministre Jean-Marc Ayrault. Cependant la mesure a été jugée "stigmatisante" par la Fédération nationale des transporteurs routiers (FNTR).

En compensation, les transports publics étaient gratuits. Une mesure qui représente un coût de 4 millions d'euros par jour pour la région, selon le président (socialiste) de l'Ile-de-France, Jean-Paul Huchon.

La circulation alternée existe dans d'autres villes européennes comme à Athènes ou à Rome.

- Polémiques -

Prise à quelques jours des élections municipales, elle a suscité à Paris l'approbation de la gauche et des écologistes mais déclenché les foudres de l'opposition et des associations d'automobilistes et de motards.

Pour le président de l'UMP (opposition de droite) Jean-François Copé, cette mesure "relève de la communication". Un "cache-misère" selon la candidate UMP à la mairie de Paris Nathalie Kosciusko-Morizet. "Pour la première fois un gouvernement assume ses responsabilités", s'est en revanche félicitée la ministre socialiste de la Santé Marisol Touraine.

Pour veiller au respect de la circulation alternée, quelque 700 policiers étaient mobilisés, sur une soixantaine de points de contrôle.

Les automobilistes et motards qui bravaient l'interdit écopaient d'une amende: 22 euros si elle est réglée immédiatement, 35 euros au-delà de trois jours. S'ils refusaient de faire demi-tour, leur véhicule était immobilisé. A la mi-journée la police avait relevé 3.859 infractions.

Les particules en suspension dans l'air peuvent provoquer de l'asthme, des allergies, des maladies respiratoires ou cardiovasculaires, et les plus fines d'entre elles sont reconnues comme cancérigènes.

Les consultations liées à la pollution ont augmenté depuis vendredi dans les hôpitaux de la région parisienne, particulièrement pour de jeunes enfants, a indiqué lundi à la radio RTL la ministre de la Santé.

"Cela a pesé" dans la décision de mettre en place la circulation alternée, a déclaré la ministre.

D'autres villes qui connaissaient également des taux de pollution importants ont aussi pris des mesures: A Grenoble (est), les transports en commun devaient être gratuits mardi. Mais seule la moitié des lignes de bus et tramways devaient fonctionner en raison d'une grève, a annoncé l'exploitant du réseau.

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