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Cameroun: décès du chanteur engagé Lapiro de Mbanga

17/03/2014 09:44 EDT | Actualisé 17/05/2014 05:12 EDT

Le chanteur et homme politique camerounais Lapiro de Mbanga, très critique à l'égard du régime de Paul Biya, au pouvoir depuis 1982, est décédé dimanche aux Etats-Unis, selon la télévision nationale camerounaise.

Lapiro de Mbanga, 57 ans, "est décédé hier (dimanche) aux Etats-Unis des suites de maladie", a rapporté la télévision d'Etat sans donner de précisions.

L'information a été confirmée à l'AFP par Joshua Osih, vice-président du Social democratic Front (SDF), premier parti d'opposition camerounais, dont le chanteur était membre.

"Je regrette qu'il soit parti si tôt", a confié M. Osih. "C'était un ami, un confident, quelqu'un avec qui on a mené beaucoup de combats", a-t-il ajouté.

"Il se battait pour un meilleur Cameroun où tout le monde aurait la possibilité de se soigner convenablement sur place", a-t-il poursuivi.

"Sa position (politique) était claire: il avait notamment appelé le président (Biya) à démissionner dans sa dernière chanson", a précisé M. Osih.

En 2008, le chanteur Pierre-Roger Lambo de son vrai nom, avait dénoncé la modification de la Constitution qui prévoyait la suppression de la limitation du nombre de mandats présidentiels, à travers une chanson intitulée "Constitution constipée".

Après les émeutes de 2008 contre le projet constitutionnel, réprimées dans le sang - 40 morts officiellement -, il avait été arrêté et condamné à trois ans de prison, la justice lui reprochant d'avoir incité la jeunesse de Mbanga (sud), sa ville natale, à participer aux événements.

Lapiro de Mbanga avait toujours nié les faits, assimilant son emprisonnement à une sanction politique.

En 2012, il avait été libéré, contre sa volonté, un jour avant la fin de sa peine sur demande de l'ONU, bien qu'il affirmait ne pas vouloir accepter de grâce présidentielle.

Lapiro de Mbanga "a pu à travers ses chansons fédérer la majorité silencieuse de Camerounais qui ont trouvé en lui un porte-parole", a estimé M.Osih.

Après sa sortie de prison, il s'était exilé aux Etats-Unis avec sa famille.

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