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Amnesty dénonce le traitement "honteux" des migrants à Chypre

17/03/2014 08:01 EDT | Actualisé 17/05/2014 05:12 EDT

Amnesty International a dénoncé mardi le traitement "honteux" infligé par les autorités chypriotes aux migrants et demandeurs d'asile, maintenus des mois en rétention dans "une prison qui ne dit pas son nom".

Le ministre chypriote de l'Intérieur, Socrates Hasikos, a réagi en fustigeant un rapport "partial et infondé" s'appuyant "presque exclusivement sur des informations recueillies par des ONG, tandis que les explications du gouvernement ont été ignorées".

Pour le responsable du programme Droits des réfugiés et des migrants à Amnesty International, Sherif Elsayed Ali, "Chypre fait preuve d'un effroyable manque de compassion et d'un mépris total de ses obligations internationales".

"Il est honteux de penser qu'au sein de l'Union européenne, des personnes qui n'ont commis aucun crime sont maintenues en rétention dans des conditions comparables à la prison pour des périodes parfois supérieures à 18 mois", ajoute-t-il.

Les autorités chypriotes en charge de l'immigration ont indiqué à Amnesty qu'il existait des alternatives à la rétention, mais les recherches menées par l'organisation montrent que celles-ci sont rarement proposées, poursuit le rapport.

L'organisation fait état de deux cas de femmes, résidentes de longue date à Chypre et mariées à des citoyens de l'Union européenne, placées en rétention tandis que leur jeune enfant -- 19 mois et trois ans -- était confié aux services sociaux.

Au moins une personne est retenue à Menogia, le principal centre de rétention de l'île, depuis plus de 22 mois, en violation de la règle européenne fixant à 18 mois la durée maximum autorisée, souligne également Amnesty.

Menogia est "une prison qui ne dit pas son nom", dénonce M. Elsayed Ali. "Derrière une double barrière en métal, les détenus vivent les uns sur les autres, et ne sont autorisés à quitter le bâtiment que deux heure et demie par jour".

Selon lui, "les autorités chypriotes, qui cherchent à se montrer fermes sur l'immigration, font preuve d'une attitude impitoyable et arbitraire envers les migrants".

Amnesty dénonce en outre la situation faite aux réfugiés syriens. Au cours d'une visite début mars, l'organisation a rencontré neuf Syriens retenus à Menogia, dont au moins un avait déposé une demande d'asile.

"Il est incompréhensible que les autorités chypriotes détiennent des Syriens à Menogia, alors que leur politique est de ne pas renvoyer les Syriens en Syrie", a réagi M. Elsayed Ali.

Pour lui, la seule explication est qu'il s'agit "d'envoyer un message aux autres Syriens pour leur dire qu'ils ne sont pas les bienvenus" à Chypre.

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