NOUVELLES

Ukraine : participation record au référendum sur le rattachement de la Crimée

16/03/2014 11:52 EDT | Actualisé 17/03/2014 06:08 EDT
AFP

Environ 95 % des électeurs de Crimée se seraient prononcés pour une union avec la Russie lors d'un référendum controversé organisé par les autorités locales prorusses, selon des résultats préliminaires.

L'information aurait été dévoilée par le directeur des élections de Crimée après le dépouillement de la moitié des boîtes de scrutin, selon une agence de presse russe. Le décompte final des votes devrait cependant être annoncé plus tard.

Le premier ministre prorusse de la Crimée, Serguiï Axionov, a salué une décision « historique ». « Merci à tous ceux qui ont participé au référendum et qui ont fait leur choix. Aujourd'hui, nous avons pris une décision très importante qui entrera dans l'histoire », a-t-il écrit sur Twitter.

La Crimée devrait donc demander, dès lundi, son rattachement officiel à la Russie, a indiqué plus tard le premier ministre.

Des milliers de personnes sont aussitôt descendues dans les rues de Sébastopol et de Simféropol, la capitale de la Crimée, pour fêter ce qu'ils considèrent comme une victoire.

Des journalistes ont vu des partisans de Moscou agiter des drapeaux russes et de la Crimée. À Sébastopol, des milliers de personnes scandaient « RUSSIE », devant des artistes qui effectuaient des danses traditionnelles russes.

« Nous rentrons à la maison », a lancé à la foule le premier ministre Axionov, avant d'entonner l'hymne national russe. Des manifestations prorusses ont également été signalées ailleurs dans l'est de l'Ukraine.

La communauté internationale a rapidement réagi. Washington a soutenu que les actes de la Russie étaient « dangereux et déstabilisateurs ».

Les habitants de Crimée, une péninsule du sud de l'Ukraine, devaient choisir entre l'intégration à la Russie et une plus grande autonomie au sein de l'Ukraine. Le statu quo n'était pas proposé.

Participation importante

Malgré la controverse entourant le référendum, jugé illégitime par l'Occident, les électeurs étaient nombreux aux bureaux de scrutin. Un million et demi de personnes étaient attendues aux urnes.

L'agence russe Interfax a indiqué que le taux de participation était de plus de 80 % à la fermeture des bureaux de vote.

C'était le cas du moins dans les régions russophones de la péninsule, comme dans certains quartiers de Simféropol où des Ukrainiens ont été interrogés par Radio-Canada.

« Nous ne voulons pas de la force. Nous voulons que soit respectée notre volonté de rejoindre la Russie. » — Un citoyen de Crimée interrogé à la sortie du bureau de vote

« C'est un jour important parce que nous votons pour la Russie. Nous sommes tous de la Crimée », a dit une Ukrainienne.

Le scénario était différent dans les quartiers à majorité tatare de la ville où les gens semblaient respecter la consigne de boycottage du scrutin.

« Je ne voterai pas parce que ce référendum n'est pas normal. Ils l'ont organisé en 15 jours ! », a dénoncé un citoyen.

« C'est comme si un bandit vous pointait une arme automatique sous le nez. On ne peut pas voter ainsi dans la peur. » — Un citoyen qui a choisi de boycotter le référendum

Par ailleurs, l'AFP rapportait avoir constaté quelques irrégularités dans certains bureaux de vote. Des dizaines d'électeurs ont été vus en train de déposer leur bulletin dans les boîtes une demi-heure avant l'ouverture du vote. L'agence rapporte également que des journalistes se sont vus refuser l'accès à des bureaux de vote.

Forte présence militaire

Le scrutin en Crimée s'est déroulé au moment où les troupes russes et des milices prorusses se font de plus en plus présentes dans la péninsule et le long de la frontière entre l'Ukraine et la Russie.

Le référendum organisé par les autorités locales prorusses devait entériner la prise de contrôle par la Russie de la péninsule ukrainienne début mars, une semaine après la destitution du président ukrainien Viktor Ianoukovitch et la mise en place d'un nouveau pouvoir, que le Kremlin refuse de reconnaître.

La Constitution de 1992, rapidement abolie par le jeune État ukrainien postsoviétique, affirmait pour la Crimée le droit de déterminer sa propre voie. L'option consistant à maintenir le statut existant - une république autonome intégrée à l'Ukraine - n'était pas proposée dans le cadre du référendum de dimanche.

Avec des informations de Jean-François Bélanger, envoyé spécial en Ukraine

INOLTRE SU HUFFPOST

Tensions entre l'Ukraine et la Russie