NOUVELLES

Nucléaire: pas d'accord attendu la semaine prochaine à Vienne (Iran)

16/03/2014 08:59 EDT | Actualisé 16/05/2014 05:12 EDT

Le chef de la diplomatie iranienne Mohammad Javad Zarif a estimé dimanche qu'il ne fallait pas compter sur un accord entre l'Iran et les grandes puissances lors de la reprise des discussions nucléaires mardi à Vienne.

Les négociateurs iraniens et ceux des pays du groupe 5+1 (Chine, Etats-Unis, France, Royaume-Uni, Russie et Allemagne) doivent avoir une nouvelle série de discussions en vue de trouver un accord global qui garantirait la nature exclusivement pacifique du programme nucléaire de Téhéran, soupçonné de cacher un volet militaire.

En novembre 2013, les deux parties avaient conclu à Genève un accord intérimaire de six mois, qui gèle depuis janvier certaines activités nucléaires sensibles de l'Iran en échange d'une levée partielle des sanctions occidentales imposées à la République islamique. Elles doivent parvenir à un accord global avant le 20 juillet.

Les discussions de Vienne "seront plus sérieuses que les précédentes mais nous ne nous attendons pas à un accord car il n'est pas prévu (à ce stade) dans le calendrier" négocié avec le 5+1, a déclaré M. Zarif, cité par l'agence officielle Irna.

La chef de la diplomatie européenne Catherine Ashton a prévenu, la semaine dernière lors de sa première visite à Téhéran, que les négociations étaient "difficiles" et "sans garantie de succès".

Selon les médias iraniens, les discussions devraient durer jusqu'à mercredi, veille du Nouvel an iranien.

Les points sensibles restent la taille du programme d'enrichissement d'uranium et les demandes de fermer le site d'enrichissement de Fordo ainsi que le réacteur à eau lourde d'Arak.

Ce réacteur, encore en construction, inquiète les Occidentaux car il utilise la filière du plutonium qui pourrait servir à fabriquer une bombe atomique.

Les négociateurs iraniens sont également sous la pression du Parlement dominé par les conservateurs.

Environ 200 députés (sur 290) ont officiellement mis en garde dimanche contre "l'imposition de limitations ou d'interdiction sur les activités de recherches, notamment le développement (...) d'Arak et l'enrichissement", selon Irna.

Ils refusent également que "les questions de défense, dont le programme balistique" soient inclues dans les négociations comme le souhaitent les grandes puissances.

L'ayatollah Ali Khamenei, le guide de la République islamique, a le dernier mot sur les dossiers stratégiques du pays dont le nucléaire.

Ali Akbar Nategh Nouri, proche collaborateur du guide, a affirmé que celui-ci était informé des "détails des négociations" par les Affaires étrangères.

Très méfiant envers les Etats-Unis, l'ayatollah Khamenei n'a jamais caché son scepticisme sur les négociations, estimant en février qu'elles n'iraient "nulle part".

bur/cyj/tp

PLUS:hp