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Les Serbes ont voté aux législatives avec l'espoir d'un redressement économique

16/03/2014 03:54 EDT | Actualisé 16/05/2014 05:12 EDT

Les Serbes ont voté dimanche au cours de législatives anticipées avec l'espoir d'un redressement économique et d'intégration dans l'Union européenne, un scrutin qui devrait se traduire par une large victoire des conservateurs (SNS) au pouvoir.

Quelque 6,7 millions d'électeurs avaient été appelés aux urnes pour renouveler le Parlement de 250 sièges. Le scrutin a été organisé deux ans avant la fin du mandat de quatre ans du Parlement.

Les bureaux de vote ont fermé à 19H00 GMT. Deux heures auparavant, le taux de participation était de 45,6% et les analystes tablaient sur une participation finale supérieure à 53%.

Les premiers résultats sont attendus dans la nuit.

"Je souhaite que la Serbie poursuive sa lutte contre la corruption, qu'elle s'efforce de faire progresser son économie, qu'elle soit en mesure d'augmenter le nombre des emplois", a déclaré après avoir voté le vice-Premier ministre sortant, Aleksandar Vucic, 44 ans.

"A cette fin, des réformes douloureuses sont nécessaires", a ajouté M. Vucic, dont le Parti serbe du progrès (SNS) pro-européen qui domine la coalition au pouvoir, est donné largement vainqueur par les sondages.

"J'ai voté pour le SNS. J'ai perdu mon emploi il y a huit ans et c'est la première fois depuis lors que j'ai un soupçon d'espoir dans un avenir meilleur", a déclaré Olga Petrovic, 52 ans, une ancienne employée de banque.

En revanche, Bojan Popovic, a préféré voter pour l'opposition. "Ce gouvernement n'a rien fait. J'ai voté pour le changement", a affirmé cet ingénieur à la retraite.

Jadis au ban des nations, en raison de son rôle dans les conflits qui ont émaillé le démantèlement sanglant de l'ex-Yougoslavie, la Serbie a réussi à redorer son image.

Depuis son accession au pouvoir en 2012, le gouvernement du SNS a amélioré d'une manière spectaculaire les relations avec l'ancienne province serbe du Kosovo, où la majorité albanaise a proclamé son indépendance en 2008.

- Une situation économique particulièrement difficile -

Malgré une situation économique particulièrement difficile, le SNS est néanmoins crédité de 44% des intentions de vote, soit le double de son score réalisé en 2012.

Le Parti socialiste (SPS), son principal allié et formation du Premier ministre sortant Ivica Dacic, arrive loin derrière en deuxième position avec 13,9%.

La principale force d'opposition, le Parti démocratique (DS), chute à 11% alors qu'il avait obtenu un score deux fois supérieur aux législatives de 2012, lorsqu'il a été évincé du pouvoir.

Le président du DS, l'ancien maire de Belgrade, Dragan Djilas, a exhorté les électeurs à ne pas croire aux "fausses promesses d'investissements" formulées par les conservateurs.

"Si la situation ne change pas, dans un an la Serbie sera en faillite", a-t-il affirmé.

Les perspectives économiques sont sombres pour ce pays de 7,1 millions d'habitants, où le chômage frappe 20,01% de la population active et où le déficit budgétaire est pour la quatrième année consécutive supérieur à 7% du PIB.

Le Kosovo, dont Belgrade refuse farouchement de reconnaître l'indépendance, a été quasiment absent des thèmes abordés au cours de la campagne électorale qui s'est concentrée sur le redressement de la situation économique.

Selon des analystes, M. Vucic - jadis un des pionniers de l'ultranationalisme serbe, désormais engagé corps et âme à la cause de l'intégration européenne de son pays -, compte également mettre à profit le soutien particulièrement important dont il jouit au sein de l'électorat après plusieurs arrestations spectaculaires de richissimes hommes d'affaires, dans le cadre de la lutte contre la corruption et le crime organisé.

L'économie est aussi tributaire d'un secteur public pléthorique qui représente environ huit milliards d'euros du budget annuel avec ses 700.000 fonctionnaires sur un total de 1,7 million d'employés au niveau national. En outre, la dette publique dépasse les 60% du PIB et le salaire mensuel moyen avoisine les 350 euros.

A la mi-janvier, l'agence de notation Fitch a abaissé la note de la Serbie de "BB+" à "BB-" sanctionnant ainsi les hésitations de l'Etat à engager des réformes structurelles impopulaires.

bur-cn/sym

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