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Venezuela: l'opposition renonce à manifester à Caracas après des "menaces"

15/03/2014 04:10 EDT | Actualisé 15/05/2014 05:12 EDT

Un parti d'opposition vénézuélien a renoncé à convoquer samedi à Caracas une marche qui visait à protester contre les violences policières ayant marqué une vague de protestation contre le pouvoir qui a fait 28 morts depuis début février.

Le parti d'opposition radical Volonté populaire (VP), qui souhaite pousser le gouvernement vers la sortie en multipliant les manifestations, a pris cette décision après avoir constaté l'existence de "menaces de groupes violents" sur cette manifestation, a annoncé sur Twitter Johan Merchan, porte-parole du parti.

VP, dont le président Leopoldo Lopez est incarcéré depuis mi-février pour "incitation à la violence", avait initialement appelé ses partisans à se mobiliser samedi dans le quartier de Caricuao (ouest de Caracas) pour protester contre la répression "des forces de sécurité et de groupes illégaux contre les manifestants".

Depuis le début du mouvement de grogne lancé le 4 février en province, opposition et étudiants d'un côté et gouvernement de l'autre s'accusent mutuellement d'encourager de jeunes radicaux à attaquer le camp adverse à l'arme à feu.

Ce mouvement, lancé au départ par des étudiants et qui a fait tache d'huile dans tout le pays, vise à protester contre la gestion du gouvernement face à l'insécurité, la forte inflation et les pénuries, notamment de denrées alimentaires. Les violences survenues pendant ou en marge des manifestations ont officiellement fait 28 morts et près de 400 blessés.

Visé par la grogne, le président Maduro, élu de justesse en avril dernier après le décès de son mentor politique Hugo Chavez (1999-2013), n'a de cesse de dénoncer une "tentative de coup d'État" fomentée avec l'aide notamment des États-Unis. Samedi, le gouvernement socialiste a de nouveau appelé ses partisans à se rassembler, comme il le fait quasi quotidiennement en réponse à la grogne.

Dans le sud-ouest de la capitale vénézuélienne, plusieurs centaines de personnes étaient réunies pour exprimer leur soutien aux forces armées nationales. Munis de drapeaux tricolores et pour la plupart vêtus de rouge, la couleur du "chavisme", les partisans du pouvoir ont défilé en direction de l'Académie militaire.

Parmi les manifestants, le président de l'Assemblée nationale Diosdado Cabello, numéro deux du pouvoir, a assuré sur l'antenne de la TV nationale que "le peuple et les forces armées dans la rue défendent la révolution bolivarienne, le legs de Hugo Chavez, la patrie et notre constitution".

Jeudi, le président Maduro a lancé une offensive policière dans les bastions des militants radicaux de l'opposition à Caracas, San Cristobal (nord-ouest, berceau du mouvement) et Valencia (nord). Ces opérations se sont soldées par plusieurs arrestations et la saisie d'instruments utilisés pour édifier des barricades et de produits servant à la fabrication de bombes artisanales notamment.

Comme chaque soir, des affrontements ont opposé vendredi forces de l'ordre et militants radicaux près de la place Altamira, dans l'est de Caracas. L'ONG Forum pénal a cette fois fait état de 15 arrestations mais pas de blessés.

bur-val/ag/ai

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