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Turquie: nous ne tolérerons plus de nouveaux morts (Erdogan)

15/03/2014 08:22 EDT | Actualisé 15/05/2014 05:12 EDT

Le Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan a déclaré samedi que son parti ne tolèrerait plus de tensions ni de nouveaux morts, quelques jours après de violents affrontements à travers le pays au cours desquels deux personnes sont mortes.

"Nous ne tolèrerons pas de nouvelles vagues de tensions ni de nouveaux décès (...). Nous ne permettrons jamais que les rues deviennent des champs de bataille", a déclaré M. Erdogan lors d'un discours dans la province de Kocaeli, près d'Istanbul.

"Nous ne voulons pas que quiconque pousse nos jeunes à descendre dans la rue équipés de cocktails Molotov, de pierres et de couteaux", a martelé le chef du gouvernement islamo-conservateur.

Des affrontements ont éclaté en Turquie après la mort mardi de Berkin Elvan, un adolescent de 15 ans qui avait été blessé par la police lors des manifestations anti-gouvernementales en juin dernier.

L'histoire de Berkin Elvan, décédé après 269 jours de coma des suites de blessures causée par une grenade lacrymogène de la police, est devenu un symbole de la manière avec laquelle la police tente de casser les plus grandes manifestations que M. Erdogan ait dû affronter depuis son arrivée au pouvoir en 2003.

Un policier âgé de 30 ans a succombé à une crise cardiaque mercredi à Tunceli (est) et un jeune homme de 22 ans a été tué par balle à Istanbul, au cours des dernières manifestations qui placent le pays sous haute tension à deux semaines des élections municipales.

Incapable d'exprimer sa tristesse après la mort du jeune Elvan, Erdogan avait affirmé vendredi que l'adolescent était un casseur au service d'une "organisation terroriste", accusant les opposants de vouloir créer le chaos avant les municipales du 30 mars.

M. Erdogan a également appelé les partis de l'opposition ainsi que les médias et les dirigeants d'entreprises à s'abstenir de tout discours provocateur.

Ces tensions interviennent alors que le régime de M. Erdogan est fragilisé depuis décembre par un vaste scandale de corruption, avant des municipales qui ont valeur de test pour son gouvernement.

M. Erdogan, personnellement mis en cause avec la publication sur internet d'une série d'écoutes téléphoniques compromettantes, accuse ses ex-alliés de la confrérie du prédicateur musulman Fethullah Gülen, très influents dans la justice et la police, d'avoir fabriqué ses accusations pour provoquer sa chute, ce que les "gülenistes" démentent catégoriquement.

Lors d'un autre discours samedi, Erdogan a qualifié les récents développements comme une "révolte" contre son pays.

"Nous allons donner une grande leçon à ceux qui ont lancé une révolte contre la République turque", a-t-il averti au cours d'un rassemblement électoral dans la ville méridionale d'Adana.

"Je suis heureux, que le (scandale) du 17 décembre ait éclaté. Leur vrai visage a été démasqué," a-t-il déclaré, en évoquant ses rivaux.

"Le moment venu, nous ferons le nécessaire. Nous n'allons pas livrer le pays aux vandales (...) et aux protestations de rue".

Le premier ministre a promis de démissionner si le Parti de la justice et du développement (AKP) perd les élections locales, que les analystes considèrent comme un référendum sur son règne.

Les sondages d'opinion montrent cependant que le scandale nuit à l'AKP.

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