NOUVELLES

Présidentielle slovaque: Fico et Kiska s'affronteront au second tour

15/03/2014 08:51 EDT | Actualisé 15/05/2014 05:12 EDT

Le Premier ministre social-démocrate Robert Fico et le riche philanthrope Andrej Kiska s'affronteront au second tour de l'élection présidentielle au suffrage universel direct en Slovaquie, selon les résultats quasi-complets après le dépouillement de 99,1% des bulletins.

Conformément aux attentes, M. Fico, un ex-communiste de 49 ans, arrivait en tête avec quelque 28%, talonné par M. Kiska, 51 ans, fort d'environ 24% des voix, selon le calcul effectué par le quotidien SME, sur la base de chiffres officiels de la Commission électorale.

Le second tour du scrutin est prévu le 29 mars.

"Sur le papier, Robert Fico a gagné, mais le véritable vainqueur, c'est Andrej Kiska", a résumé l'analyste Marian Lesko à l'antenne de la télévision Markiza.

"Le second tour sera un référendum sur Fico. Tous ces électeurs qui ont vu leur candidat échouer au premier tour, auront une raison de soutenir M. Kiska au second tour", a-t-il estimé.

Quatorze candidats briguaient au total la présidence slovaque. MM. Fico et Kiska étaient notamment suivis par le jeune et ambitieux avocat Radoslav Prochazka (21,2%), l'acteur et la figure de proue de la "Révolution de velours Milan Knazko (12,8%) et le candidat de l'importante minorité hongroise Gyula Bardos (5,2%)

MM. Prochazka et Knazko ont immédiatement annoncé leur soutien à M. Kiska au second tour du scrutin.

Les détracteurs de M. Fico craignent une concentration du pouvoir entre les mains d'un seul parti.

En effet, une victoire de M. Fico aux présidentielles donnerait à Smer-SD un contrôle total de la présidence, du Parlement (83 sièges sur 150 depuis 2012) et du gouvernement--, une situation inédite depuis l'indépendance de la Slovaquie en 1993.

"Le thème principal de ces élections, c'est la tentative de Fico de s'approprier une position dominante au sein de toutes les composantes du pouvoir", a déclaré à l'AFP l'analyste Samuel Abraham.

Chef du gouvernement en 2006-2010 et depuis 2012, M. Fico aime se présenter en défenseur des pauvres, après s'être assuré un capital politique solide grâce à ses mesures contre l'austérité, tempérées par une discipline budgétaire.

"J'ai voté Fico, c'est un homme politique et juriste habile, fort d'une grande expérience internationale", a confié à l'AFP à Bratislava le retraité Karol Janostiak, 75 ans.

"J'attends de lui qu'il aille oeuvrer pour une amélioration des services de santé et de l'éducation, ainsi que pour la hausse des pensions", a-t-il dit.

- Un social-démocrate contre un philanthrope -

Son rival Andrej Kiska, millionnaire devenu philanthrope souvent jugé peu charismatique, est un novice dans l'arène politique slovaque. Il mise sur son image d'un autodidacte sans parti, qui n'a jamais été éclaboussé par un scandale.

"Une occasion s'annonce pour changer notre Slovaquie", a déclaré M. Kiska dans sa ville natale de Poprad, au creux des grandes montagnes des Hautes Tatras.

"C'est un nouveau visage, il a des qualités de manager. Le fait qu'il ne doit rien à aucun parti, c'est son avantage", estime Gabriel Kusnerik, 53 ans, qui a voté à Bratislava.

"A mon avis, l'État pourrait profiter de son expérience dans les affaires", confie à l'AFP Zuzana Magicova, une économiste de 29 ans, actuellement en congé de maternité à Nitra (ouest).

Le nouveau chef de l'État prêtera serment le 15 juin, à l'expiration du second mandat de l'actuel président de gauche, Ivan Gasparovic.

Membre de l'UE depuis 2004 et de la zone euro depuis 2009, la Slovaquie est un pays voisin de l'Ukraine, largement dépendant du gaz et du pétrole en provenance de la Russie.

Aucun incident notable n'était signalé par les autorités, malgré les vents violents et chutes de neige dans certaines régions.

Le taux de participation au premier tour s'est chiffré à environ 43%.

tab-jma/mrm/jr

PLUS:hp