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Crimée-Russie en rugby à Simféropol: un match nul opportun

15/03/2014 03:47 EDT | Actualisé 15/05/2014 05:12 EDT

A la veille du référendum qui va décider du rattachement de la province ukrainienne à Moscou, la Crimée et la Russie se sont affrontées samedi au rugby à Simféropol lors d'une rencontre qui s'est achevée sur un opportun match nul.

Ni la province séparatiste d'Ukraine ni la Russie ne sont des terres de rugby et rares étaient les spectateurs dans le stade de football de la capitale de Crimée.

Le résultat final, 59 partout --40-17 à la mi-temps-- et un retour au score inespéré de l'équipe ukrainienne, a été salué par la foule, toute acquise au "Oui" à la Russie lors du scrutin de dimanche.

"Nous sommes ravis", sourit Viktor Kobous, 47 ans, qui vient d'assister au premier match de sa vie. "Egalité, c'est parfait. Il en sera de même pour le référendum".

La Crimée était loin de partir favorite mais, pour de nombreux spectateurs, la qualité du jeu était secondaire.

"J'espérais un match nul", confie Gennadi Tarassov, 49 ans. "C'était intéressant à voir. L'amitié a gagné".

- Maillots quasi identiques -

L'équipe russe, des professionnels issus d'un nouveau championnat mis en place cette année, s'était installée dans les vestiaires des locaux alors que les Ukrainiens, tous amateurs, se sont changés dans ceux des visiteurs. Sur le terrain, les deux équipes n'étaient pas faciles à différencier, rappelant les deux drapeaux: maillots blancs avec du rouge et du bleu pour la Crimée, maillots rouges avec du blanc et du bleu pour les Russes.

Le début de la partie a été laborieux pour les locaux, qui ont enchaîné passes approximatives et mêlées faiblardes face à une équipe russe physique et puissante, qui a marqué son premier essai à la dixième minute.

Dans le public, quelques centaines de personnes, les applaudissements étaient parciminieux, les conversations permanentes. La plupart des chants et des slogans se référaient moins au jeu qu'au référendum du lendemain, qui va sans surprise se prononcer pour un rattachement de la province séparatiste à la Russie: "Crimée, n'ai pas peur, la Russie est derrière toi !" et "Russie, s'il te plaît, laisse gagner la Crimée !".

Aucun responsable sur le stade n'a accepté de préciser si le match avait été prévu avant le 27 février, date à laquelle la date du 16 mars pour le référendum a été annoncée. L'entraîneur ukrainien, Grigory Zakhlivny, a toutefois indiqué que les préparatifs pour la rencontre avaient commencé il y a une semaine, à l'initiative des Russes. Parmi les personnalités présentes figurait Nikolai Valouev, ancien champion de boxe poids-lourds russe, surnommé "la bête de l'Est", aujourd'hui parlementaire du parti de Vladimir Poutine Russie Unie.

Au début de la seconde mi-temps des espaces se sont soudain ouverts devant les joueurs de Crimée, qui sont parvenus à la dernière minute à atteindre l'égalité parfaite, 59 partout, sous les vivats des spectateurs.

Pour le seconde ligne de Crimée Roman Kartachov, le sport devra toujours rester au-dessus de la politique. "Le sport est synonyme de paix et d'amitié", dit-il. "Les sportifs sont toujours amis, quelle que soit la situation politique.

Et le joueur russe Sergueï Mountian d'ajouter: "Nous espérons que notre relation amicale durera toujours: la Russie et la Crimée sont unies".

Dimanche, jour du vote crucial pour l'avenir de la péninsule, un autre match chargé en symbole est prévu: en football le Dynamo de Kiev reçoit dans la capitale ukrainienne le principal club de Crimée, Tavria.

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