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Alberta : Redford longuement interrogée par son parti après une semaine difficile

15/03/2014 09:11 EDT | Actualisé 15/05/2014 05:12 EDT

Les hauts gradés du Parti progressiste-conservateur albertain ont présenté un plan de travail à leur chef Alison Redford, au terme d'une réunion mouvementée entre elle et la direction du parti.

Aucun détail n'a filtré sur le contenu de ce plan, mais des membres du parti rapportent que les discussions ont été « franches » et parfois « brutales » pour la première ministre.

Au terme de la rencontre, elle a toutefois eu droit à une ovation de la part de l'exécutif du parti.

En sortant de la réunion, Alison Redford a déclaré qu'elle avait maintenant en main « plusieurs points de vue sur la façon de continuer à faire [son] travail en tant que chef du parti. »

Selon le président du Parti progressiste-conservateur, Jim Mc Cormick, la chef a fait face à un large éventail de questions, parfois percutantes, lors de la réunion, qui a eu lieu quelques jours après qu'un député eut claqué la porte du caucus.

Une membre de l'exécutif de l'association de la circonscription de Smoky Lake, Pat Palechuk, a comparé cette rencontre à une réunion de famille. « Nous sommes une famille et je pense que nous devons peut-être avoir de sérieuses discussions, comme ça se fait dans les familles. Toutefois je crois qu'il faut laisser de côté les dommages périphériques [sic]  et continuer à aller de l'avant ensemble », a-t-elle dit.

Une rencontre précédée de critiques envers la première ministre

Vendredi, le président de l'association conservatrice d'Edmonton-Beverly-Clareview, Steve Robson demandait qu'Alison Redford quitte la direction du parti. « Je ne crois pas que nous gagnerons la prochaine élection avec Alison Reford comme première ministre, a-t-il dit. Et en tant que membre du parti, je veux voir cette dynastie [du parti] se poursuivre. »

Steve Robson croit que la première ministre a trop attendu avant de décider de rembourser les 45 000 $ qu'a coûté son voyage en Afrique du Sud, pour les funérailles de Nelson Mandela.

Il dit aussi que le soutien pour Alison Redford au sein du parti est en baisse. Il reproche au bureau de la première ministre de ne pas être à l'écoute. « C'est une porte fermée, a-t-il critiqué. Il n'y a pas grand intérêt envers ce que les autres députés ont à dire et je n'aime pas ça. »

Steve Robson soulignait également vendredi que les rumeurs voulaient que d'autres députés emboîtent le pas au député démissionnaire Len Webber.

Des rumeurs démenties par l'entourage d'Alison Redford

Le vice-premier ministre Dave Hancock a dit vendredi qu'à sa connaissance personne ne souhaitait quitter le caucus. Il a ajouté que des mesures seront mises en place pour s'assurer que tous se sentent écoutés. 

Le vice-premier ministre, le leader en chambre Robin Campbell et le ministre de la Santé Fred Home ont assuré qu'ils n'ont jamais vu de comportement abusif de la part de la première ministre. 

Dave Hancock a dit que la première ministre est une chef forte et que Len Webber était malheureux d'avoir perdu son poste au sein du cabinet, qu'il détenait sous l'ex-premier ministre Ed Stelmach. 

Des difficultés à surmonter

Les analystes politiques croient toutefois qu'Alison Redford devra faire des efforts pour rallier son caucus si elle souhaite demeurer en poste. Selon la professeure en sciences politiques de l'Université Mount Royal à Calgary, Lori Williams, elle a des difficultés à surmonter. « Elle peut s'en sortir, mais le mal est fait, dit-elle. Des questions ont été soulevées sur son efficacité en tant que leader. »

Selon l'expert en science politique Duane Bratt, la candidature d'Alison Redford aux prochaines élections est incertaine.

Le Parti conservateur ne dispose d'aucun mécanisme pour l'écarter de son poste. Lors du dernier congrès annuel du parti, elle a obtenu le soutien de 77% des délégués.

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