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Ukraine: la Crimée ne pourrait être qu'un début pour la Russie (responsable allemand)

14/03/2014 01:46 EDT | Actualisé 14/05/2014 05:12 EDT

La Russie pourrait être tentée de séparer d'autres régions de l'Ukraine, après la Crimée, afin de les intégrer à son projet d'Union eurasiatique, juge le coordinateur allemand pour les relations germano-russes, Gernot Erler, dans un entretien, vendredi.

Rien ne fera fléchir la volonté de Moscou de rattacher la région méridionale de l'Ukraine à son territoire, après le référendum qui doit avoir lieu dimanche, estime M. Erler, considéré comme russophile, dans l'hebdomadaire Das Parlament.

La question de l'annexion de la Crimée "a été tranchée par les responsables russes depuis longtemps", affirme M. Erler, pour qui "rien ne permet aujourd'hui de penser qu'on puisse y changer quelque chose".

Le président russe voulait rattacher toute l'Ukraine à son projet d'Union eurasiatique - pendant de l'Union européenne pour les pays de l'ancienne URSS - avant que la crise politique et les manifestants de l'opposition ne poussent le président ukrainien Viktor Ianoukovitch à la fuite et à la destitution le 22 février.

"La solution de rechange pour Poutine c'est de s'assurer qu'au moins des parties de l'Ukraine rejoignent son Union eurasiatique. De ce point de vue, il est envisageable que la Crimée ne soit qu'un début", détaille-t-il.

Il espère toutefois que les sanctions que pourrait prendre l'Union européenne contre Moscou dissuadera la Russie de poursuivre sur cette voie.

"J'espère que la direction russe se rendra compte que le prix à payer serait trop élevé. Mais pour le moment il est difficile de savoir ce que prévoit Poutine", a-t-il ajouté.

"Toute spéculation sur le fait que l'UE n'arrivera pas à s'entendre serait très naïve", a-t-il assuré.

Le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, a assuré vendredi, après avoir rencontré à Londres son homologue américain John Kerry, que Moscou "n'a pas et ne peut avoir le projet d'envahir le sud-est de l'Ukraine au prétexte que les droits des Russes, Hongrois, Bulgares et Ukrainiens doivent être protégés".

Les habitants de la péninsule ukrainienne de Crimée sont appelés dimanche à se prononcer lors d'un référendum sur le rattachement ou non de leur région à la Russie. Ce scrutin est considéré comme illégal par Kiev et l'Occident.

hap/bir

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