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Turquie: premier acte d'accusation dans le scandale de corruption (presse)

14/03/2014 06:42 EDT | Actualisé 14/05/2014 05:12 EDT

Un procureur d'Istanbul a achevé la rédaction d'un premier acte d'accusation dans la vaste enquête de corruption qui éclabousse l'entourage du Premier ministre turc Recep Tayyip Erdogan, a rapporté vendredi l'agence Dogan.

Le parquet d'Istanbul, contacté par l'AFP, n'était pas joignable dans l'immédiat.

Ce premier document de synthèse vise une série de malversations au sein de la municipalité du district de Fatih à Istanbul, un bastion du Parti de la justice et du développement (AKP) au pouvoir, a précisé l'agence.

Le maire de Fatih Mustafa Demir et plusieurs cadres de la municipalité sont accusés de "corruption", de "faux" et "d'infraction à la loi sur la protection des sites naturels et culturels", selon Dogan.

Tous avaient été interpellés le 17 décembre dernier puis inculpés dans le cadre d'une vaste enquête de corruption qui a provoqué une crise politique majeure en Turquie, à la veille des élections municipales du 30 mars et présidentielle d'août.

Plusieurs dizaines de personnalités, toutes proches de l'élite islamo-conservatrice qui dirige la Turquie depuis 2002, ont été arrêtées et inculpées dans le cadre de ces enquêtes, parmi lesquelles les fils de trois ministres qui ont démissionné.

Toutes les personnes incarcérées en décembre ont été depuis remises en liberté.

Le Parlement, actuellement en vacances en raison de la campagne électorale pour les élections municipales du 30 août, se réunira en séance extraordinaire le 19 mars sur une demande de levée de l'immunité parlementaire de quatre anciens ministres mis en cause dans le scandale de corruption, à l'appel de l'opposition, a annoncé son président Cemil Cicek.

Cette réunion sera essentiellement symbolique car le Parti gouvernemental de la justice et du développement (AK) dispose d'une forte majorité à l'Assemblée et empêchera tout vote menant à une levée de l'immunité des élus soupçonnés de corruption.

Trois de ces ex-ministres, ceux de l'Intérieur Muammer Güler, de l'Economie Zafer Caglayan et de l'Environnement Erdogan Bayrakter, ont été contraints de démissionner en décembre, quelques jours après l'inculpation de leurs fils dans l'enquête de corruption.

Le dernier d'entre eux, celui des Affaires européennes Egemen Bagis, avait été remercié à la faveur d'un vaste remaniement précipité par la démission de ses trois collègues.

Les procureurs ont déjà déposé plus de 600 demandes de levée d'immunité auprès du ministère de la Justice qui les a envoyés au Parlement. Aucune d'elles n'a été votée depuis des années.

M. Erdogan accuse ses ex-alliés de la confrérie du prédicateur musulman Fethullah Gülen, très influents dans la justice et la police, d'avoir fabriqués ses accusations pour provoquer sa chute, ce que les "gülenistes" démentent catégoriquement.

Le gouvernement a riposté par des purges massives dans la sûreté et la magistrature, limogeant ou mutant plusieurs milliers de policiers et des centaines de magistrats jugés proches des réseaux de M. Gülen, dont ceux initialement en charge des enquêtes.

L'opposition turque a dénoncé ces mesures en accusant le pouvoir de tenter d'étouffer le scandale.

Le Premier ministre a été personnellement mis en cause avec la publication sur internet d'une série d'écoutes téléphoniques compromettantes.

BA/fw

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