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Pakistan: une jeune victime présumée d'un viol collectif s'immole par le feu

14/03/2014 08:00 EDT | Actualisé 14/05/2014 05:12 EDT

Une jeune pakistanaise affirmant avoir subi un viol collectif a succombé vendredi à ses blessures après s'être immolée par le feu dans un village du centre du pays en réaction à l'acquittement de ses agresseurs présumés, ont indiqué les autorités.

Des chaînes privées pakistanaises diffusent depuis jeudi les images d'Amina Bibi, âgée de 18 ans selon la police, qui s'est aspergée d'essence pour se transformer en torche humaine devant le commissariat de police du hameau de Bet Mir Hazar près de Muzaffargarh, de la province agricole du Pendjab.

La femme aurait été agressée par quatre hommes, incluant un membre de sa propre famille, au début du mois de janvier. Elle avait porté plainte pour tentative de viol, mais un tribunal local a acquitté jeudi les suspects dans cette affaire après le témoignage des enquêteurs.

"Les enquêteurs ont conclu qu'elle n'avait pas été violée", a déclaré à l'AFP Sifat Hussain Shah, un responsable de la police locale. Outrée par la décision des autorités, la jeune femme au visage ceint d'un voile s'est immolée devant le commissariat de police.

Sur les images, insoutenables, des passants paniqués jettent du sable sur Amina Bibi pour tenter d'éteindre le feu qui la consume. Gravement brûlée, la jeune femme a été transportée d'urgence à l'hôpital de la ville de Multan, où son décès a été constaté vendredi, selon les docteurs.

"Le fait qu'elle se soit immolée devant le commissariat de police le jour même de l'acquittement... mène à une seule conclusion : elle était convaincue que jamais justice ne serait faite", a déploré la Commission pakistanaise des droits de l'Homme, un organisme indépendant.

La Cour suprême s'est saisie vendredi de cette affaire et ordonné la comparution des chefs de la police de la province et du district qui devront fournir à la justice le témoignage de la jeune femme, des éléments de preuve des inspecteurs et aussi expliquer pourquoi les agresseurs présumés ont été innocentés.

La police du Pendjab a quant à elle ouvert une enquête sur les policiers impliqués dans le dossier qui ont d'ailleurs été suspendus indéfiniment.

En avril 2011, la Cour suprême avait confirmé l'acquittement en appel de cinq hommes qui avaient été condamnés à mort par un tribunal de première instance pour le viol collectif d'une jeune femme neuf ans plus tôt.

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