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Nigeria: Boko Haram attaque une caserne et libère des prisonniers dans le Nord-Est

14/03/2014 10:30 EDT | Actualisé 14/05/2014 05:12 EDT

Des membres de Boko Haram ont attaqué vendredi une caserne de Maiduguri, fief historique du groupe islamiste armé dans le nord-est du Nigeria, libérant des dizaines de prisonniers, a-t-on appris de source militaire.

Avant de lancer leur attaque sur la caserne de Giwa, où sont emprisonnés de nombreux islamistes, les assaillants ont ouvert le feu dans un quartier résidentiel de la ville, détruisant plusieurs maisons, selon des témoins.

Aucun bilan de cette attaque n'a pu être obtenu dans l'immédiat.

Cette attaque pose à nouveau la question de l'efficacité de l'opération lancée en mai dernier par l'armée nigériane dans le but de mettre un terme à l'insurrection islamiste, qui a fait plusieurs milliers de morts depuis 2009.

Selon un journaliste de l'AFP qui se trouvait à proximité de la caserne, les tirs ont commencé peu après 07H00 locale (06H00 GMT).

Les assaillants ont lancé des explosifs dans l'enceinte de la caserne, mettant le feu à plusieurs bâtiments, selon des témoins.

Ils ont ensuite "eu accès à la caserne" et ils "ont libéré des dizaines de membres" de Boko Haram, a déclaré une source militaire sous couvert d'anonymat.

Interrogé à ce propos par l'AFP, le général Chris Olukolade, porte-parole des armées, a confirmé que "de nombreux insurgés ont pris la fuite", mais il a dit ignorer "à ce stade s'il s'agit des auteurs de l'attaque ou de prisonniers".

M. Olukolade affirme par ailleurs dans un communiqué que les insurgés, dont les effectifs ont été réduits par les nombreuses attaques de l'armée ces dernières semaines, s'en sont pris à la prison de la caserne de Giwa dans le but de "grossir leur maigre stock de combattants".

L'organisation de défense des droits de l'Homme Human Rights Watch (HRW) a estimé vendredi que Boko Haram avait mené 40 attaques en 2014, faisant déjà quelque 700 morts.

Ces violences secouent surtout le Nord-Est, fief historique du groupe extrémiste.

Cette région est sous le coup d'un état d'urgence depuis mai dernier, quand l'armée nigériane a lancé son offensive de grande envergure contre Boko Haram.

- "Des tirs incessants" -

Selon plusieurs témoignages, Boko Haram a lancé son attaque de vendredi sur le quartier Fauri de Maiduguri, après avoir traversé une rivière bordant la ville.

Des étudiants de l'université de Maiduguri ont également indiqué avoir entendu des tirs nourris durant la matinée.

Le campus universitaire se trouve près de la caserne et rien ne permet d'affirmer pour l'instant que les étudiants étaient visés par cette nouvelle attaque.

"Il y a eu plusieurs explosions assourdissantes et des coups de feu incessants pendant une heure" a déclaré Mercy Bitrus, une étudiante.

"Les combats ont lieu près de la caserne de Giwa, très proche de nous, sans aucun doute", a-t-elle ajouté.

Les établissements scolaires et universitaires ont souvent été pris pour cible par Boko Haram, dont le nom signifie "L'éducation occidentale est pêché" en langue haoussa.

Selon HRW, qui se base sur des chiffres des Nations unies, près de 300.000 habitants du Nord-Est ont déjà fui les violences depuis l'instauration de l'état d'urgence dans cette région.

"Même si le gouvernement ne peut pas empêcher les attaques, le minimum qu'il pourrait faire serait d'apporter une assistance conséquente aux populations accablées" par ces violences, a déclaré Daniel Bekele, le directeur Afrique de HRW, dans un communiqué.

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