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Les gens qui fuient la Centrafrique meurent de faim (ONU)

14/03/2014 09:25 EDT | Actualisé 14/05/2014 05:12 EDT

Les habitants de Centrafrique qui fuient les tueries dans ce pays arrivent au Cameroun affamés, et certains meurent de faim, après avoir marché six à sept semaines sans manger et sans eau potable, a averti vendredi l'ONU.

"La situation est particulièrement alarmante", a déclaré une porte-parole du Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés (HCR), Fatouma Lejeune-Kaba, au cours d'un point-presse à Genève.

Si auparavant les habitants quittaient souvent la Centrafrique en profitant des camions mis à disposition par les autorités tchadiennes pour évacuer leurs ressortissants, désormais la plupart font le voyage à pied, dans la brousse, un lieu quasiment impossible d'accès pour les travailleurs humanitaires, a-t-elle indiqué à l'AFP.

Leur périple dure en moyenne six à sept semaines et se fait avec peu ou pas de nourriture, selon le HCR.

La Centrafrique s'est enfoncée dans un cycle de tueries interreligieuses après des mois d'exactions contre les chrétiens, perpétrées par les combattants majoritairement musulmans de la Séléka qui avaient pris le pouvoir à Bangui en mars 2013.

En réaction, des milices d'autodéfense "anti-balaka" (anti-machettes), à dominante chrétienne, se sont formées et ont attaqué sans distinction anciens rebelles et civils musulmans.

Les civils, pour la plupart musulmans, fuient en grande majorité vers le Cameroun.

"Environ 80% des derniers arrivants souffrent de diarrhées, d'infections respiratoires ou de maladies comme le paludisme. Plus de 20% des enfants sont sévèrement malnutris", a déploré Mme Lejeune-Kaba.

"Beaucoup ont perdu des proches, qui sont morts de faim sur le chemin ou peu après être arrivés au Cameroun", a-t-elle poursuivi. Elle a cité le cas d'une femme, dont le mari a été tué par des anti-balaka, et qui a perdu six de ses neuf enfants après avoir marché pendant sept semaines dans la brousse sans vivres.

L'ONU ne dispose pas pour l'instant de chiffres globaux sur ces décès. Mais, selon le HCR, 49 personnes sont mortes entre janvier et février après être arrivées au Cameroun.

Seize d'entre elles étaient des Centrafricains. Les 33 autres étaient des enfants, par lesquels 20 Tchadiens. Les 13 autres enfants n'ont pas encore été identifiés.

Ces réfugiés sont "traumatisés par les horreurs qu'ils ont vues dans le nord-ouest de la Centrafrique", a relevé Mme Lejeune-Kaba.

Un réfugié ne pouvait plus manger de viande car il avait vu une personne se faire tuer et dépecer par des miliciens anti-balaka, a-t-elle dit.

Au total, quelque 44.250 personnes ayant fui les violences en Centrafrique se sont réfugiées au Cameroun depuis mars 2013, selon le HCR. Le pays abrite désormais plus de 130.000 réfugiés venus de Centrafrique .

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