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Le Venezuela accuse les Etats-Unis de vouloir financer les violences (procureure)

14/03/2014 12:00 EDT | Actualisé 14/05/2014 05:12 EDT

La procureure générale du Venezuela, Luisa Ortega Diaz, a accusé vendredi à Genève les Etats-Unis de vouloir financer des "actions violentes" après que des parlementaires américains eurent proposé de libérer des fonds pour aider des organisations et des militants.

Les parlementaires américains ont demandé que cet "argent" soit débloqué "pour, sans aucun doute, financer ces actions violentes qui sont en train de se produire au Venezuela, pour acheter du C4 (un explosif, ndlr)", a déclaré Mme Diaz, lors d'une conférence de presse à Genève, en marge du Conseil des droits de l'Homme de l'ONU.

Elle a également averti que toute personne qui recevrait des fonds de l'étranger pour faire de la politique au Venezuela serait punie au nom de l'article 40 de la Constitution.

Jeudi, des sénateurs américains ont présenté un projet de loi qui prévoit de mettre en place des sanctions contre les autorités du Venezuela qui seraient impliquées dans les violations des droits de l'Homme et de débloquer 15 millions de dollars (10,8 millions d'euros) pour aider différentes organisations de défense des droits de l'Homme, journalistes, activistes et autres manifestants poursuivis au Venezuela.

Le projet, parrainé par trois sénateurs démocrates et deux sénateurs républicains, doit en principe être discuté dans deux semaines devant le Comité des Affaires étrangères du Sénat.

Interrogée vendredi sur les sanctions économiques envisagées par les Etats-Unis à l'encontre du Venezuela, Mme Diaz a ironisé en demandant aux journalistes si "les Etats-Unis étaient la police du monde".

"Qui leur a donné l'autorité pour sanctionner les Etats, est-ce qu'ils sont le tribunal du monde?", a-t-elle dit, indiquant que si tel était le cas alors "je vais sanctionner les Etats-Unis pour la violation des droits de l'homme à Guantanamo, pour l'invasion du Vietnam, de l'Afghanistan, pour les abus commis en Amérique du Sud et Amérique centrale, pour le coup d'Etat au Chili, au Nicaragua".

Mercredi, le secrétaire d'Etat américain John Kerry a assuré devant le Congrès que les Etats-Unis étaient "prêts, si nécessaire, à invoquer la Charte démocratique interaméricaine de l'Organisation des Etats américains et activer sérieusement (...) des sanctions", mais a dit espérer que "la pression sociale, de la région et des voisins, puissent avoir un meilleur impact".

Le Venezuela est secoué depuis le début février par un mouvement de protestation, lancé au départ par des étudiants, et qui a fait tâche d'huile dans tout le pays, portant sur l'insécurité, l'inflation et les pénuries, notamment de denrées alimentaires.

Première cible de la grogne, le président Maduro, élu de justesse en avril dernier, n'a de cesse de dénoncer une "tentative de coup d'Etat" fomentée avec l'aide des Etats-Unis.

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