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Le Parti libéral du Québec bonifie son Plan Nord, qui devient le «Plan Nord +» (VIDÉO)

14/03/2014 11:47 EDT | Actualisé 14/05/2014 05:12 EDT

VAL D'OR, - Philippe Couillard n'a rien contre le fédéralisme dans sa forme actuelle, mais cela n'empêche pas le chef du Parti libéral du Québec (PLQ) d'estimer qu'il est temps d'entreprendre des démarches afin que le caractère spécifique de la nation québécoise soit reconnu dans la Constitution canadienne.

Ainsi, s'il est porté au pouvoir, M. Couillard a l'intention d'entreprendre une tournée du Canada afin de faire passer son message auprès de ses homologues provinciaux en plus de s'adresser aux partis politiques fédéraux.

«Les Québécois ne sont pas malheureux (dans le système fédéral), a dit le chef libéral, vendredi, à Val-d'Or. C'est encore une légende péquiste de prétendre que les Québécois sont méprisés et humiliés.»

M. Couillard estime que sa démarche passe d'abord et avant tout par le rétablissement des ponts avec le gouvernement fédéral, que le Parti québécois (PQ) s'est affairé à briser depuis son arrivée au pouvoir.

«Nous allons parcourir les provinces et le pays d'abord pour parler d'économie en indiquant chaque fois notre désir que la question du caractère spécifique du Québec soit reconnue pleinement», a-t-il expliqué.

Le chef du PLQ a par ailleurs l'intention de déployer des moyens afin que la notion de société distincte du Québec soit reconnue.

«Toute conversation sur un autre sujet constitutionnel (comme la réforme du Sénat) ne saurait accueillir notre participation sans que la question de notre province ne soit traitée», a dit M. Couillard.

Ce dernier croit par ailleurs être en mesure de convaincre les partis fédéraux de ne pas militer contre les principes en lien avec la reconnaissance de la nation québécoise dans la Constitution canadienne, comme ce fut le cas lors de l'échec des négociations entourant l'accord du lac Meech.

«C'est mon devoir, comme premier ministre du Québec, de le faire, auprès de toutes les formations politiques (...), a expliqué M. Couillard. Il faut expliquer qu'il est question d'améliorer le pays visant à le rendre meilleur plutôt que de créer des problèmes.»

Conclu en 1987, l'accord du lac Meech comprenait notamment cinq modifications constitutionnelles visant à répondre aux demandes de la province en échange de sa signature à la Loi constitutionnelle de 1982.

Le chef du PLQ n'a pas donné d'échéancier clair quant au moment où il voudrait relancer les négociations constitutionnelles, disant vouloir attendre les «conditions gagnantes». M. Couillard croit toutefois qu'une fenêtre pourrait s'ouvrir vers 2017, dans le cadre des 150 ans du Canada.

Quant aux commentaires émis par certains députés fédéraux québécois — dont le chef du Parti libéral du Canada Justin Trudeau — sur la campagne électorale depuis son début, M. Couillard a estimé qu'il ne s'agissait pas d'une tentative d'intrusion.

«Pourquoi des citoyens québécois ne pourraient s'impliquer dans la campagne électorale, a-t-il dit. Leur dire de ne pas le faire serait anormal. Cependant, le PLQ est une institution distincte du PLC. L'élection va se jouer au Québec et avec les partis québécois.»

Le chef libéral a également répliqué à la chef péquiste Pauline Marois, qui s'est montrée «estomaquée» par son idée de tournée canadienne.

«J'en ai plein le dos du Parti québécois qui se met à désigner les bons Québécois et les mauvais, a dit M. Couillard, à Roberval. Ça sent la panique. Il semble y avoir une confusion totale dans ce parti-là. Ils sont mal pris.»

Redonner vie au Plan Nord

M. Couillard a par ailleurs profité de son passage en Abitibi-Témiscamingue pour annoncer que le Plan Nord de son prédécesseur Jean Charest allait devenir le «Plan Nord+», notamment grâce à l'ajout d'une offensive majeure de promotion internationale ainsi que de mesures permettant aux régions de profiter du projet.

«Il faut retourner à l'international pour montrer que l'incertitude politique est terminée au Québec, a déclaré le chef libéral. C'est la fin de l'éclipse du PQ.»

Selon M. Couillard, en un peu plus d'un an, les péquistes ont «joué les matamores» pour éloigner l'industrie minière et semé beaucoup d'incertitude, d'abord en ce qui a trait à l'économie, mais aussi en raison de leur «projet politique fondamental, qui tend à éloigner l'investissement au Québec».

La stratégie libérale propose entre autres de reconduire le montant de 1,6 milliard $ qui se trouvait dans le dernier budget de Raymond Bachand, dont 1,2 milliard $ qui seraient consacrés aux infrastructures.

Le PLQ aurait également l'intention d'intégrer un bureau d'approvisionnement à la Société du Plan Nord pour faire connaître aux entreprises de la province les besoins en fournitures et en équipements.

Questionné par les journalistes, M. Couillard a reconnu que les prix des métaux avaient récemment cédé du terrain, ce qui ne l'empêche pas d'être optimiste pour l'avenir.

«Tout ce qui descend fini par remonter», s'est-il contenté de dire.

Le chef libéral a également effectué un arrêt, en fin d'après-midi, à Roberval, au Saguenay-Lac-Saint-Jean. Accueilli par une poignée de militants, M. Couillard a déposé son bulletin de candidature dans la circonscription où il se présente en vue du scrutin du 7 avril.

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