POLITIQUE

Élections 2014 - Les cinq priorités pour Montréal, selon la Chambre de commerce

14/03/2014 01:44 EDT | Actualisé 14/03/2014 01:44 EDT
Getty Images/Vetta

Pour stimuler l’économie du reste du Québec, les partis politiques doivent d’abord commencer à s’intéresser à l’économie de Montréal, estime le président de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain (CCMM), Michel Leblanc. Celui-ci cible d’ailleurs cinq priorités.

«Il ne faut pas oublier que 50% de l’économie du Québec passe par Montréal. Si on veut stimuler l’économie du reste de la province, il faut d’abord s’intéresser et se préoccuper de celle de Montréal», a-t-il lancé d’entrée de jeu.

Avant même le lancement de la campagne électorale, la CCMM avait ciblé cinq priorités pour la métropole. Des axes d’interventions qui, selon le président de la Chambre, ne se retrouvent pas dans toutes les plates-formes des partis. «Les partis politiques sont timides à s’engager pour le moment», avoue Michel Leblanc.

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Pour ce qui est de la première suggestion, le président de la Chambre estime que Québec devrait s’engager à «réformer la fiscalité du Québec, et une fois l’équilibre budgétaire abaisser les impôts.»

Un engagement que le ministre des Finances Nicolas Marceau a refusé de prendre lors de sa conférence devant les membres de la Chambre à la suite de la présentation du dernier budget, note M. Leblanc. «La Coalition avenir Québec (CAQ) et le Parti libéral du Québec (PLQ) se sont engagés à baisser les impôts. Mais, c’est à la CAQ que l’engagement est plus explicite», remarque-t-il.

La deuxième priorité serait de «hausser le volume d’immigration dans une fourchette de 60 000 à 65 000 personnes par année et sélectionner les immigrants en fonction des besoins du marché du travail». Une façon d’aller chercher un équilibre avec le reste du Canada, estime Michel Leblanc.

«Nous avons besoin des gens en formation technique, des gens qui vont être des techniciens dans certains secteurs précis, dit-il, donnant comme exemple, entre autres, l’aéronautique. Il ne faut pas oublier aussi que 90% des immigrants s’installent dans la région de Montréal.»

Une autre priorité est d’«assurer un financement dédié aux transports en commun qui permettra des investissements additionnels de 680 millions de dollars par année d’ici 2012 pour la grande région de Montréal.»

«Aucun parti actuellement ne s’est engagé à ce montant précis pour le transport en commun. Certains y vont à la pièce selon une échelle de priorité», dit-il.

La quatrième et la cinquième priorité sont d’«intensifier les efforts de reconstruction des infrastructures de la métropole puis de procéder au recouvrement de l’autoroute Ville-Marie» et «d’accorder à Montréal les pouvoirs qui lui permettront de jouer pleinement son rôle de métropole du Québec, en commençant par de nouvelles sources de financement», conclut-il.

«La preuve a été faite que Montréal ne peut se financer seulement avec la taxe foncière», estime M. Leblanc, souhaitant que pour la suite de la campagne électorale «les partis parlent plus de Montréal.»

Selon le président de la Chambre, «le vote en région est plus important pour certains partis politiques qui estiment qu’ils ont moins de chance de faire des gains à Montréal», ce qui expliquerait le manque d’engagement de certains partis politiques à l’égard de la métropole.

Sur le plan du tourisme, Michel Leblanc pense qu’il serait important d’améliorer l’offre des produits avec, par exemple, la rénovation de certains hôtels, en plus de «créer des conditions où les touristes vont ajouter quelques jours de plus à leurs vacances à Montréal».

Interrogé sur l’arrivée de Pierre Karl Péladeau, le président de la Chambre s’est dit satisfait qu’il y ait des hommes d’affaires qui se lancent en politique. «Que se soit M. Péladeau avec le Parti québécois, Christian Dubé avec la CAQ ou encore Jacques Daoust avec le PLQ, on ne peut qu’être satisfait qu’il y ait des candidats qui proviennent du milieu d’affaires», pense-t-il, estimant que les principaux partis ont présenté «des équipes économiques assez solides.»

«La performance économique de Montréal est très importante pour le reste du Québec. On s’attend à ce qu’ils agissent en homme d’État, et non en petit politicien», dit-il.

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