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Des banques européennes et saoudiennes cessent leurs transactions avec le Soudan

14/03/2014 06:21 EDT | Actualisé 14/05/2014 05:12 EDT

D'importantes banques européennes et saoudiennes ont interrompu leurs transactions avec le Soudan, isolant encore un peu plus ce pays endetté et frappé par des sanctions économiques, selon des sources diplomatiques.

Khartoum a en outre dénoncé la "pression" croissante que fait peser l'embargo commercial américain imposé en 1997, mais Washington affirme qu'il n'y a eu aucun changement dans sa politique.

La décision des banques européennes semble refléter une attitude de plus en plus prudente des institutions financières, qui ne veulent pas courir le risque de violer les sanctions américaines, explique un diplomate occidental.

"Je pense que c'est une situation qui est en train de se développer rapidement", a-t-il indiqué.

La banque allemande Commerzbank est la dernière en date à rompre ses liens avec le Soudan, selon des diplomates. Contactée par l'AFP, l'établissement n'a souhaité faire aucun commentaire.

En 2012, des amendes de 1,92 milliard de dollars et de 667 millions d'USD avaient été infligées respectivement aux banques britanniques HSBC et Standard Chartered pour des violations de l'embargo, notamment sur l'Iran et le Soudan.

La même année, la banque néerlandaise ING avait accepté de verser 619 millions d'USD après des accusations du gouvernement américain sur des transactions impliquant le Soudan et d'autres pays.

Les banques françaises Société Générale, BNP Paribas et Crédit Agricole font l'objet d'une enquête pour blanchiment d'argent et violations de sanctions américaines contre certains pays, dont le Soudan, a indiqué début mars à l'AFP une source proche du dossier à New York.

L'Union européenne n'a instauré aucun embargo contre le Soudan, dirigé par le président Omar el-Béchir qui a pris le pouvoir il y a 25 ans à la faveur d'un coup d'Etat soutenu par les islamistes.

Mais les banques européennes ayant des filiales aux Etats-Unis ou travaillant aux Etats-Unis "ferment tout compte soudanais et ne procèderaient même pas à un règlement depuis le Soudan", explique le diplomate.

Un banquier local a indiqué sous couvert de l'anonymat que depuis mars les banques saoudiennes ont également cessé de travailler avec le Soudan.

L'interruption des transactions des institutions financières saoudiennes et européennes avec les banques soudanaises sont liées à leurs propres "procédures internes", a affirmé la Banque centrale du Soudan dans un communiqué publié par l'agence Suna.

Le ministre de l'Information Ahmed Bilal Osmane a affirmé qu'il n'y avait aucun motif politique derrière la décision saoudienne tout en ajoutant que les pressions américaines "visent aussi les banques".

"Nous n'avons rien changé ou modifié dans notre politique de sanctions ou dans leur application", a indiqué un responsable américain sous couvert d'anonymat.

Ce gel bancaire s'ajoute aux difficultés économiques du Soudan qui se sont aggravées depuis la partition du pays en 2011 et la création du Soudan du Sud, qui contrôle environ 75% de la production pétrolière totale de l'ancien Soudan.

it/kir/sw/cbo

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