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Crimée: vote samedi à l'ONU sur une résolution dénonçant le référendum

14/03/2014 04:28 EDT | Actualisé 14/05/2014 05:12 EDT

Les membres du Conseil de sécurité se réuniront samedi matin en urgence pour voter sur une résolution occidentale dénonçant le référendum de dimanche en Crimée.

La réunion est convoquée pour 11H00 (15H00 GMT) à la demande des Etats-Unis et des diplomates s'attendent à ce que la Russie mette son veto au texte.

La position de la Chine, qui s'aligne souvent sur Moscou au Conseil, en particulier dans les votes sur la Syrie, est plus incertaine car "les Chinois sont embarrassés", explique un diplomate occidental.

Il souligne que deux des principes de la diplomatie chinoise, répétés en boucle par l'ambassadeur chinois lors des six réunions du Conseil sur la crise ukrainienne, sont la non-ingérence et le respect de l'intégrité territoriale, qui seraient remis en cause par le scrutin de dimanche.

Celui-ci porte sur un rattachement de la Crimée à la Russie.

"Le seul but de cette résolution est d'obtenir une abstention chinoise et de souligner ainsi l'isolement croissant de la Russie", analyse un autre diplomate du Conseil.

La résolution a été rédigée à dessein par les Etats-Unis en des termes très mesurés susceptibles d'être acceptés par Pékin. Ainsi, elle ne vise pas nommément la Russie et ne demande pas explicitement le retrait des renforts russes envoyés en Crimée pour contrôler le péninsule. Elle ne brandit pas non plus la menace de sanctions.

Selon des diplomates, d'un point de vue tactique, il est préférable de tirer ce coup de semonce en direction de Moscou avant même le référendum. Après le scrutin, les Occidentaux devront se montrer beaucoup plus critiques envers les Russes, ce que Pékin aurait davantage de mal à accepter.

Il fallait aussi attendre les résultats de la rencontre de la dernière chance à Londres vendredi entre les chefs de la diplomatie américaine et russe, John Kerry et Sergueï Lavrov, qui s'est terminée sur un constat de désaccord.

Le projet de résolution affirme que "le référendum ne peut avoir aucune validité et ne peut pas fonder la moindre modification du statut de la Crimée". Il demande à tous les Etats de ne pas reconnaître son résultat et de "n'entreprendre aucune action qui pourrait être interprétée comme une reconnaissance d'un changement de statut". Une formule alambiquée pour demander à la Russie de ne pas annexer la Crimée.

Le Conseil y réaffirme aussi "son engagement envers la souveraineté, l'indépendance et l'intégrité territoriale de l'Ukraine dans ses frontières internationalement reconnues".

Le texte demande à Moscou et Kiev d'"entamer un dialogue politique direct" et de faire preuve de retenue. La résolution salue la volonté exprimée par les nouvelles autorités de Kiev de "respecter les droits de tous les Ukrainiens, y compris ceux appartenant à des minorités". Une autre concession à Moscou qui affirme que les russophones de l'est de l'Ukraine sont menacés de discrimination.

avz/gde

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