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Crimée: arrivée à Londres de Kerry pour une rencontre cruciale avec Lavrov

14/03/2014 03:10 EDT | Actualisé 13/05/2014 05:12 EDT

Le secrétaire d'Etat américain John Kerry est arrivé vendredi matin à Londres pour une rencontre de la dernière chance avec son homologue russe Sergueï Lavrov, à deux jours du référendum devant entériner l'annexion de la Crimée par la Russie.

Ce sera la quatrième fois en une semaine que John Kerry et Sergueï Lavrov se retrouvent pour discuter de la crise ukrainienne, après des rencontres infructueuses à Paris et à Rome. Le responsable américain devait s'entretenir avec le Premier ministre britannique David Cameron et son homologue britannique William Hague avant de rencontrer M. Lavrov pour tenter de dissuader Moscou d'annexer la péninsule.

"Nous allons présenter, dans le cadre d'une Ukraine unifiée et souveraine, la meilleure offre possible pour une désescalade qui soit acceptable pour le peuple ukrainien et voir si la Russie est prête à accepter cette offre", a dit un haut responsable du Département d'Etat voyageant avec M. Kerry.

Avant de quitter Washington jeudi soir, John Kerry a eu une nouvelle fois M. Lavrov au téléphone et l'a de nouveau averti "qu'il y aurait des coûts (à payer) si la Russie continuait de faire monter" la tension.

Devant une commission du Sénat, John Kerry a lui-même prévenu que les Etats-Unis et l'Union européenne étaient prêts à prendre "lundi une série de mesures très sérieuses" visant Moscou pour répliquer au référendum de dimanche en Crimée qui doit entériner le rattachement à la Russie de ce territoire à majorité russophone.

La Maison Blanche a clairement prévenu que, dans cette optique, les entretiens Kerry-Lavrov à Londres représentaient la dernière chance pour Moscou d'échapper à des mesures punitives américaines supplémentaires.

Le 6 mars, le jour de l'annonce de cette consultation référendaire, Washington avait alors imposé "des restrictions de visas" sur des dirigeants ukrainiens et russes et le président Barack Obama avait aussi signé un décret autorisant des gels d'avoirs.

M. Kerry a cependant souligné que Washington privilégiait toujours une voie diplomatique avec la Russie et ne voulait pas imposer de sanctions à tout prix. "Notre choix, c'est de ne pas nous trouver en position de devoir faire cela", a dit celui qui défend régulièrement une coopération avec Moscou sur les grandes crises internationales, comme en Syrie, Iran, Corée du Nord ou Afghanistan.

Un diplomate américain voyageant avec M. Kerry a cependant exprimé sa "vive préoccupation" devant les nouvelles manoeuvres militaires organisées par Moscou dans la région de Rostov-sur-le-Don, près de la frontière ukrainienne. "C'est la deuxième fois en moins d'un mois que la Russie masse un nombre conséquent de troupes à la frontière ukrainienne. Cela crée un climat d'intimidation. C'est déstabilisant, certainement", a-t-il commenté.

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