POLITIQUE

Sept enjeux électoraux qui préoccupent la Rive-Nord

13/03/2014 06:27 EDT | Actualisé 13/05/2014 05:12 EDT
Radio-Canada

Il a été dit et répété qu'une grande partie de l'élection se jouera sur la couronne nord de Montréal. En 2012, la Coalition avenir Québec y a remporté quatre sièges. Des circonscriptions que le Parti québécois compte bien reprendre dans son giron.

Un texte de Vincent Champagne Twitter Courriel

L'annonce de candidatures-vedettes n'y est pas étrangère. Pierre-Karl Péladeau dans Saint-Jérôme, Martine Desjardins dans Groulx et Djemila Benhabib dans Mille-Îles espèrent décrocher des sièges pouvant assurer une majorité péquiste à l'Assemblée nationale.

Au-delà de la joute purement politique, quels sont les enjeux spécifiques à la Rive-Nord? Quelles sont les demandes des citoyens et de leurs élus municipaux? Radio-Canada Rive-Nord fait le tour de sept thématiques.

Le sort des nouvelles zones inondables

En juillet, le ministère de l'Environnement a imposé, par décret, un nouveau tracé de la zone inondable pour les MRC de Laval, Deux-Montagnes et Thérèse-de Blainville. La mesure devait empêcher la construction de résidences dans des zones susceptibles d'être inondées. Elle a plutôt créé la commotion chez les propriétaires, surtout lavallois, qui se retrouvent dans ces nouvelles zones. Ils craignent la perte de valeur de leur maison et des problèmes avec leurs assureurs.

La Ville de Laval effectue en ce moment une étude hydrographique exhaustive, en collaboration avec le gouvernement, afin de démontrer que le nouveau tracé n'est pas exact. Attendues pour l'été, les conclusions du rapport pourraient mener le ministère de l'Environnement à revoir le tracé de la zone inondable, et soulager des centaines de propriétaires.

L'avenir de l'abbaye d'Oka

L'immense abbaye d'Oka, un bijou patrimonial, aura connu des jours meilleurs. Déserté par les pères trappistes en 2007, le bâtiment se cherche depuis une vocation. La députée péquiste de Mirabel, Denise Beaudoin, mène le dossier de la relance. Une étude de faisabilité a permis d'envisager diverses avenues, incluant la liquidation complète. Le scénario préféré des intervenants locaux est celui de la redynamisation. On pourrait y faire de la recherche agricole, de la transformation, de la commercialisation et de l'éducation.

Le ministre de l'Agriculture, François Gendron, appuie le projet, qui nécessiterait des investissements de plusieurs millions de dollars. Le dossier est étudié par des membres du cabinet de la première ministre, selon la députée Beaudoin.

Y aura-t-il un jour une gare à Mirabel?

La saga de la gare de train de banlieue à Mirabel ne cesse de connaître des rebondissements. Malgré deux décisions négatives de la Commission de protection du territoire agricole, la Ville de Mirabel, sous l'ex-maire Hubert Meilleur, avait utilisé une clause de la loi pour autoriser l'implantation de la gare en zone agricole.

Devant le tollé soulevé par cette décision, l'Agence métropolitaine de transport a décidé de surseoir à son projet. Le ministre sortant de l'Agriculture, François Gendron, a finalement tranché l'automne dernier : la gare ne sera pas en zone agricole.

Selon la députée péquiste de Mirabel, Denise Beaudoin, des études indépendantes doivent être faites pour déterminer le meilleur site.

La protection des terres agricoles

Le 450 est beaucoup plus agricole qu'on ne le croit généralement. Il s'y pratique une intense activité agricole, soumise à toutes les pressions du développement. 

Ainsi, 88 % de la superficie de Mirabel est agricole. Et ces proportions sont aussi impressionnantes dans les MRC de Deux-Montagnes (69 %) et de L'Assomption (76 %). Les MRC de Thérèse-de Blainville et des Moulins sont presque à moitié agricoles. Laval a 30 % de terres en culture.

La Communauté métropolitaine de Montréal (CMM) s'est dotée d'un plan d'aménagement (le fameux PMAD), qui prévoit l'augmentation du nombre d'hectares en terres agricoles. Le gouvernement du Québec s'est doté d'une politique de souveraineté alimentaire.

Face à ces contraintes, comment poursuivre le développement d'une région qui connaît un boom démographique sans précédent?

Il manque de places dans les écoles

La Rive-Nord a un beau problème à gérer : celui de sa croissance. L'un des impacts immédiats, c'est le besoin criant de places dans les écoles, voire de nouveaux établissements scolaires.

Ainsi, la Commission scolaire de la Rivière-du-Nord (Saint-Jérôme) estime qu'il lui manquera 80 locaux scolaires d'ici cinq ans.

À la Commission scolaire des Affluents, qui dessert le sud de Lanaudière, on attend au-delà de 4000 nouveaux élèves pour la même période.

La Commission scolaire de la Seigneurie-des-Mille-Iles tente de combler les besoins en construisant de nouvelles écoles, comme celle sur notre photo, située dans le quartier Urbanova, en pleine construction à Terrebonne.

Les cégeps ne sont pas en reste. À Montmorency, comme à Lionel-Groulx, à Saint-Jérôme et dans les trois composantes du cégep de Lanaudière, on est à pleine capacité. Pour accueillir les élèves, certains collèges ont dû ajouter des cases à leurs horaires et louer des roulottes pour les transformer en salle de classe.

Il va sans dire que ce développement a un coût collectif, assumé par l'ensemble des contribuables québécois.

Parachèvement promis de l'autoroute 19 

Le ministre sortant des Affaires municipales et des Transports, Sylvain Gaudreault, l'a annoncé en grande pompe en mai dernier : l'autoroute 19 sera complétée jusqu'à Bois-des-Filion.

« Enfin! », se sont exclamés les élus de la région, las d'attendre ce projet prévu depuis 40 ans. Sauf que ce n'est pas la première fois qu'on leur fait la promesse. En 2010, Jean Charest avait annoncé lui-même l'achèvement de l'autoroute.

Mais cette fois, les citoyens n'accepteront pas de retour en arrière. À partir du milieu de Laval, l'autoroute devient une simple route à deux voies, ce qui cause une congestion permanente.

La promesse sera-t-elle tenue?

Garder le cap sur l'intégrité municipale

La Rive-Nord a souvent fait parler d'elle en mauvais termes au cours des dernières années. Les villes de Laval et de Mascouche ont particulièrement été touchées. Corruption, collusions, maires arrêtés … Les révélations de la commission Charbonneau et les perquisitions de l'UPAC auront terni l'image de ces municipalités, en dévoilant ce qui s'y passait secrètement depuis des années.

D'autres villes ont aussi été écorchées, comme Boisbriand, Blainville, Terrebonne et Sainte-Thérèse. L'ex-maire de Saint-Jérôme a également dû se défendre d'allégations de corruption et de conflit d'intérêts.

Les élections municipales de novembre dernier ont permis de tourner la page sur bien des pratiques douteuses. Le ministère des Affaires municipales avait fait sa part en revoyant les règles de financement des partis politiques.

Est-ce que ce sera suffisant?

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