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Rattachement de la Crimée à la Russie: une opération éclair de deux semaines

13/03/2014 04:45 EDT | Actualisé 12/05/2014 05:12 EDT

Il aura fallu à peine plus de deux semaines, entre le 27 février et le 16 mars, pour que la Crimée échappe au contrôle de l'Ukraine et demande son rattachement à la Russie.

Voici comment s'est déroulé cette opération éclair qui modifie la carte de l'Europe:

27 février

A l'aube, des commandos armés russes prennent le contrôle du parlement de Crimée à Simféropol.

Des députés élisent alors à huis clos de nouvelles autorités, pro-russes, et annoncent la tenue d'un référendum le 25 mai pour une plus grande autonomie de la Crimée au sein de l'Ukraine.

Les nouvelles autorités affirment que 61 des 64 députés présents ont voté, sur les 100 que compte le parlement. Information invérifiable, les commandos russes interdisant alors l'entrée du parlement.

Peuplée majoritairement de russophones, la Crimée disposait en Ukraine d'un statut de "région autonome" depuis 1992. Elle a fait partie de la Russie à l'époque soviétique avant que Nikita Khrouchtchev, lui-même Ukrainien, n'en fasse cadeau en 1954 à l'Ukraine.

1er mars

Alors que les commandos russes ont pris position autour des institutions locales et des aéroports de Simféropol (la capitale) et de Sébastopol (QG de la Flotte russe de la mer Noire), les nouvelles autorités de Crimée avancent au 30 mars la date du référendum et modifient la question qui devient: "Etes-vous pour la souveraineté étatique de la Crimée au sein de l'Ukraine ?".

6 mars

Le parlement local demande à Vladimir Poutine le rattachement de la Crimée à la Russie. La date du référendum est finalement fixée au 16 mars. Les électeurs devront choisir entre le rattachement à la Russie ou "une autonomie nettement renforcée au sein de l'Ukraine".

Cette deuxième option semble purement théorique au vu des mesures prises le jour même par les autorités locales: création d'un ministère de la Défense et de services secrets propres à la Crimée, avertissement aux forces ukrainiennes stationnées en Crimée qu'elles sont désormais considérées comme des "forces d'occupation" et seront traitées comme telles...

7 mars

Le parlement russe assure qu'il soutiendra "le choix historique" de la Crimée. "Si le peuple de Crimée exprime sa volonté d'un rattachement à la Russie, nous soutiendrons cette décision", déclare Valentina Matvienko, présidente du Conseil de la Fédération et troisième personnage de l'Etat.

11 mars

Le Parlement de Crimée déclare l'indépendance de cette région pour permettre son intégration à la Fédération de Russie.

16 mars

La Crimée se prononce par référendum sur son rattachement à la Russie. Le résultat du vote ne fait aucun doute.

Vladimir Poutine aura alors deux options: rattacher rapidement la Crimée à la Fédération de Russie ou garder cette carte en réserve pour d'éventuelles négociations avec les Occidentaux et même avec le nouveau pouvoir ukrainien qu'il ne reconnaît pas aujourd'hui.

Quoi qu'il en soit, la Crimée se trouve déjà de facto sous le contrôle de la Russie et un retour dans le giron de l'Ukraine apparaît aujourd'hui hautement improbable.

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