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Négociations en Syrie: Brahimi accuse Damas de "manoeuvres dilatoires"

13/03/2014 12:53 EDT | Actualisé 13/05/2014 05:12 EDT

Le médiateur international en Syrie Lakhdar Brahimi a accusé jeudi le régime de Damas d'être le principal responsable de l'impasse des négociations de Genève avec l'opposition syrienne et a estimé qu'une réélection du président Bachar al-Assad torpillerait ces négociations.

Selon des diplomates présents, M. Brahimi, qui rendait compte de sa mission au Conseil de sécurité de l'ONU, a accusé le gouvernement syrien d'employer des "manoeuvres dilatoires" pour retarder ces négociations, interrompues depuis la mi-février.

"L'élection présidentielle fermerait la porte aux négociations", a encore déclaré M. Brahimi aux ambassadeurs des 15 pays membres du Conseil. "Je doute fort que la réélection du président Assad pour un nouveau mandat de sept ans puisse mettre fin aux souffrances du peuple syrien", a-t-il ajouté.

Cette élection présidentielle est prévue pour mai ou juin et Bachar al-Assad a l'intention de se représenter.

"S'il est réélu pour sept ans", a estimé un diplomate du Conseil, "l'opposition refusera de revenir à la table des négociations".

Selon M. Brahimi, toujours cité par des diplomates, le gouvernement syrien "a affirmé vouloir discuter de tous les problèmes (pendant les négociations) mais a donné la nette impression d'employer des manoeuvres dilatoires et de ne pas vouloir discuter de la mise en place d'un organe gouvernemental de transition".

Le médiateur a par contre souligné que l'opposition de son côté avait accepté les bases des négociations de Genève, notamment la création de ce gouvernement de transition en Syrie.

Il a indiqué aux ambassadeurs des 15 pays membres du Conseil que les deux camps devront être "mieux disposés" si on veut que les négociations, actuellement suspendues, reprennent.

Une deuxième session de négociations à Genève entre opposition et gouvernement syriens pour trouver une issue politique au conflit s'est terminée le 15 février sur un constat d'échec. M. Brahimi a mis fin aux discussions sans fixer de date pour une reprise.

Ces négociations sous médiation de l'ONU, dites de "Genève 2", avaient été entamées le 22 janvier sous la pression de la communauté internationale, en particulier des Etats-Unis et de la Russie.

A Genève, la deuxième session de discussions a achoppé sur l'ordre du jour, le gouvernement insistant pour parler en priorité du terrorisme alors que l'opposition voulait se concentrer sur la mise en place d'un organe gouvernemental de transition en Syrie qui priverait le président Bachar al-Assad de tout ou partie de ses pouvoirs.

avz/bdx

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