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Marijuana médicale : un marché en transition qui fait craindre pour les prix

13/03/2014 08:47 EDT | Actualisé 13/05/2014 05:12 EDT

Un texte de Annick Forest

À compter du premier avril, le commerce de la marijuana médicale au Canada sera réservé aux entreprises privées accréditées par Ottawa. Les inquiétudes que soulève ce changement sont nombreuses, mais les patients craignent avant tout la flambée des prix.

Le Canada compte actuellement à peine 10 producteurs de marijuana médicale accrédités. L'entreprise MediJean de Richmond attend son permis de Santé Canada d'un jour à l'autre et viendra s'ajouter à la liste.

Ses installations sont déjà prêtes, et son système de sécurité est à la fine pointe de la technologie, car l'entrepôt pourra accueillir jusqu'à 930 tonnes de marijuana.

Cette marijuana, produite sur place, sera acheminée aux clients par la poste.

« Nous serons le plus important [producteur de marijuana] au Canada, possiblement dans le monde », affirme le propriétaire de MediJean, Jean Chiasson . « Je suis très sûr que nous pourrons fournir tout le pays et avoir suffisamment de surplus pour exporter. »

La marijuana médicale produite par le gouvernement du Canada coûte 5$ le gramme. La modification à la loi prévoit que les producteurs privés pourront établir eux-mêmes le prix du médicament. Une fois ce prix établi, Santé Canada vendra la marijuana médicale qui lui reste au nouveau prix du marché. Le tout « afin de ne pas nuire à la création de cette nouvelle industrie », explique le site Internet de Santé Canada.

Débourser cinq fois plus pour s'approvisionner

Ceux qui cultivent actuellement leur propre marijuana médicale, et qui devront ceser de le faire dès le premier avril, craignent que l'arrivée des producteurs privés fasse grimper les prix.

Cheryl Rose dépense 200 $ par mois pour cultiver du cannabis pour sa fille qui souffre d'épilepsie. Celle-ci a beaucoup moins de crises de convulsions quand elle consomme de la marijuana médicale.

Cheryl Rose estime qu'elle devra débourser 1000 $ par mois si elle doit s'approvisionner auprès d'une des nouvelles entreprises privées.

Jean Chiasson n'est pas d'accord, il est convaincu que les cultivateurs à domicile économiseront en achetant auprès de producteurs comme lui.

« Ils [les prix] vont baisser, ils ne monteront pas. Produire pour soi coûte plus d'argent que d'acheter dans la rue ou dans un club compassion », souligne-t-il.

Pas d'inquiétudes du côté des clubs compassion

L'entrée en vigueur des modifications à la loi sur la vente et la production de marijuana médicale et l'arrivée d'un géant comme MediJean n'inquiète pas Dana Larsen, directeur du club compassion The Medicinal Canabis Dispensary, de Vancouver.

« Les choses ne vont pas changer pour nous », soutient Dana Larsen. « On va continuer de servir nos membres avec le cannabis médicinal. »

Celui-ci note que les policiers de Vancouver ont affirmé récemment qu'ils allaient continuer de tolérer les établissements comme le sien, tant qu'ils ne causent pas d'impacts négatifs pour la communauté environnante.

Il note également que les compagnies comme MediJean ne vendent que les fleurs de marijuana alors que son club vend également des produits dérivés tels que les biscuits, les capsules et les crèmes qui sont préférés par certains patients.

D'après les informations recueillies par Marie-Laurence Héon.

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