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L'ex-guérillero Sanchez Ceren élu président au Salvador

13/03/2014 04:58 EDT | Actualisé 12/05/2014 05:12 EDT

L'ex-guérillero de gauche Salvador Sanchez Ceren a remporté l'élection présidentielle au Salvador, devenant le premier ancien guérillero à accéder à la présidence dans ce pays, et le quatrième en Amérique latine.

Après l'annonce dimanche d'une victoire très serrée, à quelques milliers de voix près, immédiatement contestée par le perdant, le Tribunal électoral suprême (TSE) a procédé à la vérification des procès verbaux du second tour, et a finalement confirmé jeudi la victoire de Sanchez Ceren.

Le Tribunal doit cependant examiner encore le recours en annulation déposé par l'opposition, et d'éventuels autres recours, et ne pourra donc proclamer officiellement le vainqueur qu'en début de semaine prochaine.

Jeudi toutefois, après avoir vérifié un par un les 10.445 procès-verbaux de dépouillement des voix, le Tribunal a confirmé les résultats annoncés dimanche, accordant 50,11% des voix à Sanchez Ceren contre 49,89% à son adversaire de droite.

Cette annonce a été accueillie avec une explosion de joie par les partisans de Sanchez Ceren, rassemblés devant l'hôtel où le TSE avait installé son centre d'opérations et scandant le grand refrain de la gauche, "El pueblo unido jamas sera vencido" ("Le peuple uni ne sera jamais vaincu") et "Salvador, président", a constaté un journaliste de l'AFP.

Sanchez Ceren, 69 ans, candidat du parti de gauche au pouvoir, l'ancienne guérilla du Front Farabundo Marti pour la libération nationale (FMLN), devient ainsi le quatrième ancien guérillero à accéder au poste de président en Amérique latine, après Daniel Ortega au Nicaragua, Jose Mujica en Uruguay et Dilma Rousseff au Brésil.

Ex-ministre, l'ancien membre du haut commandement de la guérilla était vice-président du président sortant Mauricio Funes, un journaliste modéré élu en 2009, mettant fin à 20 ans de règne de la droite et signant la première élection d'un président de gauche à la tête de ce pays de 6,2 millions d'habitants.

Le candidat de la droite, Norman Quijano, de l'Alliance républicaine nationaliste (Arena), persistait mercredi à récuser le résultat annoncé, accusant le gouvernement de fraude.

- 'Vainqueur illégitime' -

"Ce qu'ils veulent faire ici, c'est instaurer une dictature du FMLN", a-t-il lancé devant ses partisans massés par centaines devant l'hôtel et tapant sur des casseroles, avant de les appeler à "faire davantage pression".

"Il y a un vainqueur illégitime (à l'issue) d'un processus vicié avec une entité de contrôle (le TSE) chargée depuis le début d'élever un écran de fumée et qui ne jouit d'aucune crédibilité", a dénoncé jeudi le vice-président de l'Arena, Ernesto Muyshondt.

"Je crois que pour le FMLN et pour Salvador Sanchez Cerén, il aurait été préférable d'être un perdant honorable qu'un vainqueur frauduleux et illégitime grâce à une fraude opérée à différentes étapes du processus" électoral, a-t-il insisté.

Le président de la puissance Association nationale des entreprises privées (Anep), Jorge Daboub, a également soutenu l'Arena.

"Je crois qu'il est important que le prochain gouvernement du Salvador doive, en plus d'être légalement élu, légitimement validé" par la loi, or "en ce moment, avec ce Tribunal, et dans ces circonstances, celle-ci est complètement bafouée", selon M. Daboub.

La tension autour du résultat des élections pouvait faire craindre une éventuelle intervention de l'armée. Celle-ci a toutefois assuré mercredi, par le biais d'un communiqué lu par le ministre de la Défense, le général David Munguia, qu'elle "respecterait les résultats officiels proclamés" par le TSE, et "serait fidèle au président élu par le peuple".

Jeudi matin après l'annonce du résultat de la vérification par le TSE, le procureur pour la Défense des droits de l'homme, David Morales, a souligné qu'il n'y avait "aucun indice prouvant l'existence d'une fraude" et a appelé les responsables politiques à calmer leurs partisans.

La victoire électorale n'était toutefois que le premier défi pour Sanchez Ceren, qui, en prenant son poste le 1er juin, deviendra président d'un pays dominé par la violence des gangs et par une pauvreté qui touche plus de 40% de la population.

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