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Les lois anti-blasphème en hausse dans le monde, le Pakistan loin en tête (rapport américain)

13/03/2014 02:21 EDT | Actualisé 13/05/2014 05:12 EDT

Des gouvernements de par le monde instaurent de plus en plus de lois anti-blasphème, le Pakistan étant de loin le pays qui emprisonne le plus de citoyens soupçonnés de porter atteinte à la religion, selon un rapport américain jeudi.

Le rapport de la Commission américaine sur la liberté religieuse internationale dit craindre que l'augmentation des lois bannissant le blasphème ne conduise à punir des personnes qui ne feraient qu'exprimer des différences de vues religieuses, ou qui auraient été faussement accusées.

"Cette tendance à recourir de plus en plus aux lois anti-blasphème va certainement conduire à une hausse des violations des libertés de religion et d'expression", a indiqué Knox Thames, l'un des responsables de cette commission.

Le rapport évoque en particulier le cas du Pakistan, pays musulman à 97%, où le blasphème est un sujet qui enflamme facilement les foules. Aux termes d'une loi très controversée, porter atteinte au prophète Mahomet est ainsi devenu passible de la peine de mort dans ce pays.

Pour la commission, le Pakistan a recours à cette loi de façon "incomparable" par rapport à tout autre pays, précisant que 14 personnes sont actuellement pour cette raison dans le couloir de la mort et 19 autres purgent des peines de prison à vie.

Le Pakistan n'a encore jamais mis à exécution un individu pour blasphème contre l'islam mais le rapport affirme que la loi du pays, et le manque de garanties procédurales, ont contribué à un nombre alarmant d'attaques contre des minorités.

L'Egypte a également vu une augmentation de l'usage de telles lois depuis la destitution en 2011 du président Hosni Moubarak, ajoute le document. Citant des militants locaux, la commission fait état d'affaires de blasphème impliquant 63 personnes en 2011 et 2012, visant de façon disproportionnée la minorité chrétienne.

La commission estime que ces lois anti-blasphème "protègent les croyances avant les individus".

Alors que ce genre d'affaires ont lieu essentiellement dans le monde musulman, le rapport note que la Russie a elle aussi décrété l'an dernier une loi sur le blasphème après que le groupe punk Pussy Riot a donné une représentation critique vis-à-vis du président Vladimir Poutine dans une église.

Le texte cite aussi la Grèce, où un homme a été arrêté en 2012 pour blasphème après s'être moqué d'un moine orthodoxe sur Facebook.

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