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La crise ukrainienne risque de gêner la coopération USA-Russie en Syrie (Kerry)

13/03/2014 02:39 EDT | Actualisé 13/05/2014 05:12 EDT

Les tensions entre la Russie et les Etats-Unis à propos de l'Ukraine risquent d'entraver la coopération entre les deux pays en Syrie, notamment sur le démantèlement de l'arsenal chimique, a reconnu jeudi le secrétaire d'Etat américain John Kerry.

Mais le chef de la diplomatie américaine a aussi loué le travail réalisé ces derniers mois par Moscou pour convaincre Damas de détruire son arsenal chimique.

"Je crois que la Russie conserve un intérêt à ce que ces armes chimiques ne disparaissent pas dans la nature, ne tombent pas entre les mains de terroristes", a déclaré M. Kerry devant une commission du Sénat.

Il était interrogé par un sénateur sur l'impact négatif que pourrait avoir la crise ukrainienne sur la collaboration entre Moscou et Washington sur les dossiers syrien et iranien. "Nous espérons que non, mais c'est évidemment une possibilité. J'en ai parlé au ministre des Affaires étrangères (russe Sergueï) Lavrov et il en est conscient", a prudemment argumenté le ministre américain.

"Mon espoir est que ce qui se déroule en Ukraine n'interfère pas" dans le processus de démantèlement de l'arsenal chimique syrien, lequel avait été scellé par un accord américano-russe en septembre.

La Syrie se sépare de son arsenal chimique à un "rythme croissant", un tiers de son stock ayant été détruit ou transporté hors du pays déchiré par la guerre civile, avait dit vendredi dernier l'Organisation pour l'interdiction des armes chimiques (OIAC) à La Haye. Mais Damas accuse toujours un retard par rapport à la date limite du 30 juin pour livrer ou détruire la totalité de son armement, selon l'OIAC.

La mission conjointe ONU-OIAC a pour l'instant vérifié que 29% du stock d'armes chimiques avait été évacué pour destruction en dehors du pays, a précisé l'Organisation.

La prochaine échéance tombe le 15 mars, date à laquelle la Syrie doit avoir détruit ses 12 usines de production d'armes chimiques.

"Jusqu'à récemment, nous avons travaillé là-dessus de manière efficace avec la Russie et la question est de savoir si cela va continuer", a interrogé le secrétaire d'Etat.

"La Russie nous a énormément aidés sur ces armes chimiques grâce à son influence sur le régime (syrien) et aussi parce que le président (américain Barack Obama) avait dit clairement qu'en l'absence d'alternative, il allait frapper" militairement, a rappelé John Kerry. "Et ni les Russes, ni (le président syrien Bachar al) Assad ne voulaient que cela n'arrive".

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