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Japon: l'autorité nucléaire en voie de certifier les réacteurs du sud-ouest Sendai 1 et 2

13/03/2014 01:58 EDT | Actualisé 12/05/2014 05:12 EDT

L'Autorité de régulation nucléaire japonaise (NRA) a indiqué jeudi qu'elle allait s'occuper en priorité du dossier concernant la validation de sûreté de deux réacteurs du sud-ouest du Japon, Sendai 1 et 2, qui pourraient ainsi être les premiers à redémarrer.

Actuellement, outre le 6 réacteurs condamnés de la centrale accidentée Fukushima Daiichi, les 48 autres tranches du pays sont stoppées par précaution.

La sûreté des unités jugées exploitables doit en effet être confirmée avant que ne soient allumés les feux verts politiques nécessaires.

Les compagnies régionales ont soumis des dossiers pour 17 d'entre eux à l'autorité de régulation nucléaire qui doit procéder à des examens très pointus pour certifier leur conformité à de nouvelles normes plus sévères face aux risques d'accident grave, de catastrophe naturelle et d'acte terroriste.

L'autorité a débuté les examens en juillet dernier, indiquant alors qu'il faudrait peut-être entre six mois et un an par réacteur.

Les inspections des unités Sendai 1 et 2 dans la préfecture de Kagoshima, exploitées par la compagnie Kyushu Electric Power, sont les plus avancées. Il s'agit de deux tranches à eau pressurisée (PWR), d'une conception différente de celles de Fukushima Daiichi, d'une puissance unitaire de 890 mégawatts, mises en service en 1984 et 1985.

Un rapport d'examen doit désormais être écrit puis soumis durant un mois à des commentaires publics avant un avis final sur leur sûreté.

La NRA ne peut pas en elle-même autoriser le redémarrage de réacteurs, c'est une décision qui appartient conjointement au gouvernement et aux instances politiques locales, mais sans sa certification de sûreté, aucun ne peut être relancé.

"L'examen prend du temps, mais cela avance. Il y a beaucoup de choses très nouvelles dans la réglementation, ce qui oblige à étudier les différentes mesures de très près, de regarder tout en détail dans différents cas de figure", précise Christophe Xerri, conseiller nucléaire de l'ambassade de France au Japon.

Selon lui, "il y a une volonté politique forte d'aller vers le redémarrage et chacun des acteurs fait le nécessaire pour aller dans cette direction", notamment la NRA.

Le Premier ministre de droite Shinzo Abe a répété à maintes reprises que pour des raisons avant tout économiques le Japon ne pouvait se passer d'énergie nucléaire.

M. Abe a toutefois insisté sur le fait qu'il n'autoriserait pas la réactivation d'installations atomiques qui n'auraient pas au préalable été certifiées par l'autorité indépendante de régulation, ce qui ne rassure pas pour autant les associations écologistes.

"Plutôt que de perdre énormément de temps et d'argent sur les évaluations de redémarrage des réacteurs à risque, la NRA devrait plutôt se concentrer sur le traitement de la crise nucléaire en cours à Fukushima", a réagi jeudi Kazue Suzuki, membre de Greenpeace au Japon.

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