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Golfe: plaidoyer du président iranien en faveur d'un rapprochement régional

13/03/2014 07:13 EDT | Actualisé 13/05/2014 05:12 EDT

Le président iranien Hassan Rohani a plaidé jeudi en faveur d'un rapprochement entre son pays et ses voisins du Golfe à la fin de sa visite de deux jours à Oman.

"L'Iran tend la main de l'amitié et de la fraternité à tous les pays de la région et en particulier à ceux du sud du Golfe Persique", a-t-il déclaré devant un parterre d'hommes d'affaires.

"Le développement des relations avec un pays ne se fera pas aux dépens d'un autre et nous voulons voir les pays de la région vivre en paix, dans l'entente et l'amitié", a souligné M. Rohani.

Il a estimé que la "coopération et le rapprochement profiteront à toute la région" et affirmé que les portes de son pays étaient "ouvertes aux investisseurs de la région, notamment aux investisseurs omanais".

M. Rohani a assuré que son gouvernement tentait, sur le plan économique, de faire de l'Iran un "environnement sûr pour l'investissement étranger".

Lors d'une rencontre avec des universitaires, le président iranien a dénoncé le "terrorisme" et appelé au dialogue sur la lutte contre ce phénomène.

"Tout différend peut être résolu par la dialogue", a-t-il soutenu, soulignant que le dialogue avait permis de débloquer le dossier du nucléaire iranien "même si les sionistes sont agacés par les ententes entre l'Iran et l'Occident".

Dans la matinée, son ministre des Affaires étrangères, Mohammad Javad Zarif, a adressé "un message de fraternité" aux monarchies arabes du Golfe, méfiantes à l'égard de son pays, redouté pour ses ambitions régionales.

"Notre message aux autres pays dans la région du Golfe persique est un message d'amitié, de fraternité et de coopération", a déclaré M. Zarif aux journalistes à Mascate.

"L'Iran est prêt (à établir) des relations solides et fraternelles avec tous les Etats de la région", ajouté le ministre, qui mène depuis l'investiture du président Rohani en août une opération de charme en direction des voisins arabes de la République islamique.

En décembre, il avait entrepris une tournée régionale qui l'avait conduit au Koweït, au Qatar, à Oman et aux Emirats arabes unis, membres du Conseil de coopération du Golfe (CCG), mais il ne s'est pas encore rendu en Arabie saoudite, chef de file de ce groupement régional.

La méfiance entre les pays riverains du Golfe, développée depuis l'avènement de la République islamique en 1979, s'est récemment accentuée avec la crise en Syrie où l'Iran chiite soutient le régime de Damas, combattu par une rébellion épaulée par des monarchies sunnites du CCG.

"La région n'a pas besoin d'une autre guerre. Nous devons coexister sur la base de la religion, de l'histoire et des intérêts communs", a estimé le ministre iranien, ajoutant qu'"il faut coopérer pour surmonter les défis et les problèmes" dans la région.

- Volonté commune de coopération -

Il a indiqué que les bonnes relations entre Téhéran et Mascate "peuvent servir d'exemple pour les autres Etats de la région", saluant dans ce contexte "le rôle joué par le sultan Qabous (d'Oman) pour rapprocher les points de vue des pays" du Golfe.

M. Rohani, qui a réservé à Oman sa première visite bilatérale hors d'Iran, a souligné que ce déplacement "a une importance considérable pour renforcer les relations entre l'Iran et les pays islamiques, notamment les pays voisins de l'Iran".

Par ailleurs, Oman et l'Iran, ont affirmé leur intention de "mettre en application les programmes de coopération bilatérale", selon un communiqué commun diffusé à la fin de la visite.

Ils ont souligné la nécessité de déployer plus d'efforts pour "assurer la stabilité et la paix dans la région".

Les deux pays ont signé mercredi un accord initial pour construire un gazoduc sous-marin d'un milliard de dollars pour acheminer du gaz iranien à Oman.

Téhéran et Mascate entretiennent de bonnes relations, contrairement à l'Arabie saoudite, une rivale de longue date de l'Iran, et d'autres pays du CCG.

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