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Des mesures pour lever le nuage qui plombe Paris

13/03/2014 05:01 EDT | Actualisé 12/05/2014 05:12 EDT

De nouvelles mesures d'urgence, dont la gratuité des transports en commun en Ile-de-France, ont été prises jeudi pour lutter contre le pic de pollution qui perdure en France et a trouvé, avec l'intervention du gouvernement, un écho politique.

Le ministre de l'Écologie Philippe Martin a souligné lors d'une conférence de presse que 17 régions de France étaient affectées par le phénomène, particulièrement aigu à Paris où il a débuté, il y a huit jours.

« Au vu des prévisions disponibles à 48 heures, le gouvernement a décidé de mettre en oeuvre un dispositif d'urgence pour préserver nos compatriotes des effets de cette
pollution », a-t-il expliqué.

Les transports publics seront ainsi gratuits en Ile-de-France le week-end prochain et, en fonction d'un point de la situation qui sera effectué samedi, des « mesures d'adaptation de la circulation » pourraient être prises dans la région.

Le président de la région, Jean-Paul Huchon, a souligné que la mesure demandait un « gros effort financier. »

Le seuil d'alerte de pollution aux particules fines, jugées cancérigènes par l'Organisation mondiale de la Santé (OMS), a été franchi jeudi pour la deuxième fois en moins d'une semaine à Paris et l'a été pour la première fois dans plusieurs villes de France.

La préfecture de Paris et celle du Nord-Pas-de-Calais, entre autres, avaient déjà pris mercredi des mesures de limitation de vitesse et de contournement des agglomérations, mais écologistes et associations avaient dénoncé une réaction insuffisante.

Un arrêté interpréfectoral d'octobre 2011 prévoit la mise en oeuvre de la circulation alternée et la gratuité des transports en commun lorsque la concentration de particules fines dépasse 80 microgrammes par m3 d'air.

À Paris, elle était de 100 mg/m3 jeudi selon Airparif, un niveau que n'atteignait aucune autre ville d'Europe occidentale. Selon l'OMS, un risque existe à partir d'une exposition à un niveau supérieur à 50 mg/m3 pendant trois jours dans l'année.

La France mauvaise élève

Toutes les mesures auraient pu être prises par le préfet, mais l'annonce par le ministre témoigne de l'enjeu politique du sujet,  ainsi l'urgence est considérée alors que les prévisions pour vendredi (90 mg/m3) sont moins élevées que jeudi.

Mais Philippe Martin prépare une loi sur la transition énergétique, quelques mois après le recul du gouvernement sur l'« écotaxe », et la France est encore un mauvais élève.

Elle fait d'ailleurs l'objet d'une procédure devant la Cour de justice de l'Union européenne, lancée en 2011 à l'initiative de la Commission pour « manquement aux règles de l'UE en matière de qualité de l'air. »

Elle est aussi dépendante au diesel, qui représente 60 % de son parc automobile mais 80 % de la consommation de carburant. Or ses gaz d'échappement contiennent des particules fines.

C'est pour cette raison, notamment, qu'Europe Écologie-Les Verts avait réclamé à la mi-journée la mise en oeuvre de la circulation alternée, jugeant que la décision de Paris de rendre gratuits les services Vélib' et Autolib' relevait du symbole.

« C'est sur la masse de véhicules en circulation qu'il faut agir », avait dit Christophe Najdovski, candidat EELV aux municipales, qui s'est ensuite félicité par communiqué de la gratuité des transports, sans renoncer à demander davantage.

Pierre Serne, vice-président de la région chargé des transports, rappelait que, si la circulation a reflué de 25 % dans Paris depuis 2001, « elle est stable en grande couronne. Or la pollution n'est pas forcément produite à Paris mais en grande couronne. »

Si la majorité du pays était concernée jeudi, les pics de pollution tendent à se répéter à Paris. La capitale avait déjà connu en décembre un niveau d'alerte sans précédent depuis 2007, année de mise en oeuvre de la veille sur les particules fines.

La majorité socialiste sortante défend son bilan et en profite pour attaquer l'opposition, à moins de deux semaines du premier tour des municipales, le 23 mars.

« À chaque fois qu'il a fallu rééquilibrer l'espace public, voies sur berges, place de la République, lorsqu'il a fallu créer Vélib', lorsqu'on a fait le tramway (...) on a pris des
critiques de l'opposition de droite », a dit à Reuters Julien Bargeton, adjoint chargé des transports.

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