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Crimée: les Tatars appellent au boycott, demandent l'intervention de l'Otan (AFP)

13/03/2014 05:15 EDT | Actualisé 13/05/2014 05:12 EDT

Le leader de la minorité tatare de Crimée, Moustafa Djemilev, a appelé jeudi au boycott du référendum pour le rattachement de la péninsule ukrainienne à la Russie et a demandé à l'Otan d'intervenir "avant un massacre".

"Nous appelons les Tatars de Crimée à boycotter le référendum", a déclaré à l'AFP M. Djemilev joint à Bruxelles. Estimant que l'ONU n'acceptera jamais, en raison du droit de veto de la Russie au Conseil de sécurité, d'envoyer des casques bleus, M. Djemilev demande à l'Alliance atlantique "d'intervenir comme au Kosovo", "avant un massacre".

Le responsable tatar a indiqué qu'il comptait rencontrer le secrétaire général de l'Otan Anders Fogh Rasmussen. Si la rencontre n'est pas possible avec M. Rasmussen, le leader tatar pourrait rencontrer son adjoint. Il va également s'entretenir avec les ambassadeurs des pays membres de l'Otan.

"Nous n'avons vu aucune mesure sérieuse de la part de l'Occident", a-t-il affirmé, jugeant que des restrictions de visa n'auraient pas beaucoup d'effet: les personnes visées "ont une bonne vie en Russie".

"Nous avons dit que l'Ukraine devrait inviter les troupes de maintien de la paix de l'ONU, mais je sais que la Russie est au Conseil de sécurité, donc cela ne se fera pas", a-t-il poursuivi.

"Si les autres méthodes ne marchent pas, peut-être l'Otan devrait-elle envoyer ses forces. Ils le font généralement seulement quand il y a un massacre. Nous voudrions que cela arrive avant qu'il n'y ait un massacre", a encore lancé M. Djemilev.

Mercredi, il avait eu un long entretien téléphonique avec le président russe Vladimir Poutine, lors duquel il a mis en doute la légitimité de la consultation organisée dimanche par les forces pro-russes en Crimée pour faire approuver le rattachement de la région à la Russie.

Il a indiqué à l'AFP avoir dit à Vladimir Poutine que les Tatars "n'allaient pas faire la guerre à la Russie mais défendraient l'intégrité territoriale de leur pays".

"Nous devons encore décider avec quelles méthodes", a-t-il ajouté.

La communauté musulmane des Tatars, représente de 12 à 15% des deux millions d'habitants de la Crimée. Déportés sous Staline, les Tatars de Crimée sont opposés à la sécession de la péninsule. Ils avaient soutenu la contestation visant l'ancien président pro-russe ukrainien Viktor Ianoukovitch.

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