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Colombie: plus de 2.000 victimes recencées par un diocèse primé par la France et l'Allemagne

13/03/2014 04:59 EDT | Actualisé 13/05/2014 05:12 EDT

Le diocèse de la localité colombienne de Tumaco, qui a reçu le prix franco-allemand des droits de l'homme pour son travail de mémoire, a recensé plus de 2.000 victimes du conflit interne secouant ce pays latino-américain, a annoncé jeudi à l'AFP son responsable.

"La Commission pour la vie, la justice et la paix qui a été récompensée se consacre à la défense des droits de l'homme et cela fait 15 ans qu'elle collecte des informations sur le conflit armé dans la région", a expliqué l'évêque Gustavo Giron.

Le prix a été remis en décembre par les ambassades de France et d'Allemagne en Colombie, pour saluer l'initiative de ce diocèse situé dans la province de Nariño, une région frontalière avec l'Equateur et bordant l'océan Pacifique, où opèrent de nombreux groupes illégaux.

L'assassinat en 2001 d'une religieuse, Yolanda Ceron, qui s'occupait des activités sociales et luttait contre la violence, a eu l'effet d'un électrochoc dans le diocèse qui a fondé une "Maison de la mémoire" et publié de nombreux livres sur les victimes. "Pour qu'elles ne soit pas oubliées, ni maintenant, ni après le conflit", explique l'evêque.

Malgré cette "situation complexe" dans cette région qui connaît "la pauvreté, le trafic de drogue et d'autres soucis", "la bonne volonté de tous dans le diocèse et dans d'autres associations" est signal "positif, plein d'espoir", a commenté l'ambassadeur de France en Colombie, Jean-Marc Laforêt, qui s'est rendu cette semaine à Tumaco avec son homologue d'Allemagne, Günter Kniess.

"En découvrant le travail de la Comission pour la vie, la justice et la paix, nous voyons que ce que nous avions décidé à Bogota à partir d'informations écrites était totalement justifié. Ils s'occupent des victimes du conflit et recomposent un tissu social détruit", a ajouté M. Kniess.

En près d'un demi-siècle, le conflit colombien, qui a opposé des guérillas communistes, des milices paramilitaires d'extrême droite et des bandes criminelles, a fait plusieurs centaines de milliers de morts, quelque 15.000 disparus et plus de 4,5 millions de personnes déplacées, selon des chiffres officiels.

La guérilla des Forces armées révolutionnaires de Colombie (Farc), la principale rébellion fondée en 1964 et qui compte encore plus de 7.000 combattants selon les autorités, a ouvert depuis 16 mois avec le gouvernement des pourparlers de paix qui se déroulent à Cuba.

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