POLITIQUE

Élections 2014 - La CAQ s'engage à s'attaquer à la bureaucratie dans le réseau de santé

13/03/2014 09:57 EDT | Actualisé 13/05/2014 05:12 EDT
Radio-Canada

MONTRÉAL - François Legault remet au goût du jour un autre engagement de la campagne électorale de 2012 en promettant d'éliminer les agences de santé et de services sociaux qu'il considère comme une couche de bureaucratie «inutile».

Le chef de la Coalition avenir Québec écorche du même coup une recrue libérale, le Dr Gaétan Barrette, affirmant que ce dernier croit aussi en l'élimination de cette structure, mais qu'il est maintenant muselé aux côtés de Philippe Couillard.

«Ce n'est pas des médecins dont on a besoin pour diriger, mais des gestionnaires», a-t-il ajouté, jeudi, lançant une flèche supplémentaire à l'ex-candidat caquiste.

Après les commissions scolaires, François Legault réitère son désir de voir disparaître les agences de santé et de services sociaux, au nombre de 18.

«Il y a des cas ridicules avec une agence pour un hôpital. Dans Lanaudière, l'agence en gère deux!», a-t-il lancé en qualifiant le réseau actuel de «monstre» où règne le «gaspillage».

À l'occasion du dévoilement des détails de son plan, jeudi matin à Montréal, le chef caquiste a martelé que cette mesure permettrait à un gouvernement caquiste d'atteindre l'équilibre budgétaire dès l'an prochain et lui donnerait la latitude nécessaire pour réduire de 1000 $ le fardeau fiscal des familles de la classe moyenne.

En début de semaine, les libéraux promettaient, de leur côté, d'exiger des agences de santé et de services sociaux une réduction de leur bureaucratie à hauteur de 10 pour cent sur trois ans.

Pour la CAQ, il faut aller plus loin, mais le parti estime qu'il y a une exception: la région montréalaise. On doit y garder une structure souple de coordination en raison du grand nombre d'établissements que compte le territoire, affirme la Coalition.

La CAQ a indiqué qu'environ 46 000 employés sur 248 000 travaillent dans l'administration du réseau de santé, soit un ratio de presque un sur cinq. M. Legault juge donc le système «lourd» et «inefficace».

François Legault a précisé que son plan ne prévoit aucune perte d’emploi. Il compte plutôt profiter des départs à la retraite pour ne pas remplacer ceux qui quittent dans les services administratifs, tout en augmentant le nombre de personnes qui donnent des services à la population.

Lors de la dernière campagne, certains accusaient M. Legault de vouloir centraliser à Montréal et Québec les décisions en matière de santé. Jeudi, il a expliqué que son plan veut au contraire offrir une plus grande latitude aux dirigeants régionaux et locaux.

Mais il y aura un prix à payer pour les administrateurs qui ne livrent pas la marchandise, avertit-il. «Les dirigeants auront plus de pouvoirs, mais ils seront aussi imputables des résultats», a-t-il dit.

La Coalition solidarité santé, qui regroupe une quarantaine d'organisations syndicales et communautaires, s'attriste de voir la CAQ frapper encore une fois sur le clou des agences. Son porte-parole, Jacques Benoit, estime qu'il s'agit de la mauvaise cible.

«Les vrais problèmes, ce ne sont pas les agences, mais plutôt l'augmentation des coûts des médicaments, l'utilisation des hôpitaux en première ligne et les dépassements de coûts pour la construction des nouveaux méga-hôpitaux! Si la CAQ avait du courage, ce serait ça ses priorités», a-t-il indiqué à l'occasion d'une entrevue avec La Presse Canadienne, quelques instants après l'annonce.

Jacques Duchesneau absent sur le terrain

En 2012, Jacques Duchesneau était le candidat vedette de la Coalition dans Saint-Jérôme. Dix-huit mois plus tard, il se fait rare sur la place publique et il est totalement absent sur le terrain dans la circonscription.

L'actuel candidat caquiste, Patrice Charbonneau, jure avoir l'appui du député sortant. «Je peux le rencontrer sur une base personnelle. Je ne sens pas que j'ai besoin d'un autre appui sur le terrain», insiste M. Charbonneau.

François Legault, de son côté, dit que Jacques Duchesneau pourrait être appelé à prendre la parole sur diverses tribunes médiatiques, à titre d'ex-caquiste.

«J'ai parlé avec Jacques avant la campagne. Il m'a demandé où il serait le plus utile. Je lui ai dit qu'il serait plus utile dans les médias», a soutenu M. Legault.

Questionné à savoir si Duchesneau pouvait à la fois être actif dans les médias et sur le terrain, M. Legault a répondu que «cela n'était pas possible dans son cas».

François Legault parle de la course dans Saint-Jérôme comme d'un duel entre deux hommes d'affaires. Le magnat des médias, Pierre Karl Péladeau, d'un côté, et Patrice Charbonneau, son candidat, de l'autre.

M. Charbonneau, courtier immobilier et ancien gestionnaire dans le milieu hôtelier, est un candidat «local», répète M. Legault. «Le message est clair: vous votez pour un référendum ou pour une baisse de taxes», ajoute le chef caquiste.

Le principal intéressé invite Pierre Karl Péladeau à venir débattre sur le territoire de la circonscription de Saint-Jérôme. «J'ai pas peur de lui. On ne le voit pas!», affirme M. Charbonneau.

Legault offre un «deux pour un»

Réagissant aux résultats d'un sondage Léger-FM93 mené les 11 et 12 mars dans la région de Québec et qui laisse présager une course à deux entre le PQ et le PLQ dans la Capitale nationale, M. Legault a tenté de se faire rassurant.

«C'est certain que lorsqu'on commence à parler de référendum, il y a des gens qui reviennent dans leurs vieilles habitudes. Quand on est souverainiste, on vote PQ, quand on est fédéraliste, on vote pour le PLQ», a-t-il dit en guise d'interprétation des mauvais chiffres obtenus par sa formation politique.

Les électeurs qui votent en faveur de la CAQ ont cependant droit à un «deux pour un», a ajouté François Legault. «Avec la Coalition, il n'y aura pas de référendum. Ils sont habitués de voir les libéraux répondre à ça. Mais en plus, nous, nous allons couper les taxes», explique-t-il.

Le coup de sonde accorde 19 pour cent des intentions de vote à la CAQ, 39 pour cent au PLQ et 32 pour cent au PQ. La CAQ détient neuf de ses 19 sièges dans la région dans la Capitale nationale et dans sa périphérie. Le sondage a été effectué sur Internet auprès de 643 personnes de 18 ans et plus dans la région métropolitaine de Québec.

La CAQ a dévoilé, jeudi après-midi, sa campagne publicitaire qui se déclinera en publicités télévisées et de l'affichage, uniquement en français. Les capsules pour la télévision donnent la voix à des «électeurs» qui interpellent François Legault. «Ça va prendre du courage. Ça va prendre des idées. Un plan solide. (...) Si c'est ça, le combat de ta vie, on te suit!», lance ainsi l'un d'eux, avant que le chef de la CAQ apparaisse à l'écran et s'adresse à l'auditoire.

La nouvelle campagne est à mille lieues de celle présentée à l'occasion des élections de 2012. Il était alors entouré des anciennes vedettes de sa formation, dont Jacques Duchesneau, Dominique Anglade et le désormais libéral Dr Gaétan Barrette. Les concepteurs du message disent qu'il s'agit d'un «choix stratégique», car c'est François Legault qui est au «front tous les jours».

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