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Axionov, nouveau leader de la Crimée qui a fait allégeance à Poutine

13/03/2014 04:22 EDT | Actualisé 12/05/2014 05:12 EDT

Le nouveau leader de la Crimée Serguiï Axionov, qui s'apprête à ramener la péninsule séparatiste ukrainienne dans le giron de la Russie, était un homme d'affaires obscur peu connu avant son ascension fulgurante.

Cet homme de 41 ans, qui a fait fortune dans les années chaotiques après l'effondrement de l'URSS en 1991, nie les liens qui lui ont été prêtés avec les groupes criminels de l'époque, auxquels il devrait son sobriquet de "Gobelin".

Il a été propulsé du jour au lendemain au poste de Premier ministre par une poignée de membres du Parlement local, alors que le siège de celui-ci était occupé par des hommes armés, et qu'un commando pro-russe venait de hisser le drapeau russe au sommet du bâtiment.

Et ce malgré une carrière politique relativement brève, de six ou sept ans, et sa cuisante défaite électorale de 2010, quand son parti, Unité russe, n'avait recueilli que 4% des suffrages, soit trois sièges sur 100 au Parlement.

Si son allégeance au président Vladimir Poutine est claire, le passé de cet homme au nez de boxeur et flanqué de redoutables gardes du corps est parsemé de zones d'ombre.

- Un passé trouble -

Bon orateur tiré à quatre épingles, il fait davantage penser à un "nouveau riche" qu'à un terne apparatchik, et demeure une parfaite énigme pour ses concitoyens.

"Je ne sais absolument rien de lui. Je n'ai entendu parler de lui pour la première fois que lorsqu'il a été nommé (le 27 février) chef du gouvernement", dit Lidia, employée dans un café du centre de Simféropol, la capitale de cette république autonome ukrainienne désormais de facto sous contrôle russe.

Réaction identique de Volodymyr, un ingénieur : "je sais juste qu'il était député".

"Mais je soutiens ce qu'il fait parce que c'est un homme résolu. Car si jamais nous reculons, ils (les dirigeants ukrainiens ) nous dévoreront", enchaîne aussitôt cet habitant de la capitale, à la barbe grisonnante.

"Nous allons surmonter tous les obstacles et restaurer la justice historique" a récemment lancé M. Axionov devant une foule de 10.000 personnes brandissant des drapeaux russes.

"Notre avenir est avec la Russie", a-t-il poursuivi, les manifestants lui répondant par des "Hourra!"

M. Axionov s'apprête à rattacher à la Russie cette république autonome "offerte" en 1954 à l'Ukraine soviétique par le dirigeant de l'époque Nikita Khrouchtchev, à l'issue d'un référendum prévu le dimanche 16 mars.

Il a été nommé commandant en chef des "forces armées de la Crimée" composées de quelque centaines de miliciens pro-russes. Il a également annoncé la préparation de l'entrée de la Crimée dans la zone rouble.

Né en Moldavie soviétique le 29 novembre 1972, Serguiï Axionov était un homme d'affaires à Simféropol avant de se lancer en politique en 2009.

Cheveux courts, parlant sans notes, celui qui est, avec sa femme, selon des sites internet spécialisés, à la tête de plusieurs sociétés dans l'immobilier, le tourisme ou encore l'agroalimentaire, cherche à offrir l'image d'un homme politique moderne.

- 'Marionnette de Moscou' -

Il a fait ses premiers pas au sein d'organisations pro-russes, selon le Centre d'investigations journalistiques, une organisation locale engagée notamment dans la lutte contre la corruption.

L'un de ces groupes s'est transformé en parti Unité russe en 2010.

Pour le député ukrainien Guennadi Moskal qui a dirigé la police de la péninsule, "il est devenu absolument clair après sa nomination en Crimée qu'il faut s'attendre à un scénario comme en Transdniestrie (province séparatiste russophone en Moldavie) ou au Kosovo".

Selon M. Moskal, le père d'Axionov est l'un des leaders de la communauté russe en Moldavie.

En 2010, Serguiï Axionov a poursuivi en justice pour diffamation un homme politique local, Mikhaïlo Bakharev qui l'a accusé d'avoir fait partie d'un groupe criminel appelé Seilem. Il a perdu le procès en appel.

Membre de la Fédération locale de lutte gréco-romaine, il porte souvent un gilet pare-balles lors d'évènements publics. Les autorités de Kiev le taxent de "marionnette de Moscou".

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