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Nigeria: première visite de la Haut-commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme

12/03/2014 04:44 EDT | Actualisé 12/05/2014 05:12 EDT

Le Nigeria, très critiqué pour sa loi restreignant les droits des homosexuels et de supposées exactions dans sa lutte contre les insurgés de Boko Haram, a reçu mercredi la première visite de la Haut-commissaire de l'ONU aux droits de l'Homme.

Navi Pillay a précisé qu'elle n'était pas venue dans le pays le plus peuplé d'Afrique pour juger, mais pour encourager le gouvernemebt d'Abuja à protéger et promouvoir les libertés fondamentales.

"Je ne suis pas venue ici pour critiquer. Je suis ici pour les encourager (le gouvernement) à faire plus pour protéger les droits de l'Homme", a-t-elle déclaré lors d'une réunion avec des associations nigérianes de défense des droits et des acteurs de "Nollywood", l'industrie locale du film.

Elle a néanmoins admis qu'il existait "des problèmes sous-jacents très graves" dans le pays qui demandent à être réglés.

Les Nations unies avaient indiqué lundi que la visite de Mme Pillay était la première au Nigeria depuis la création de sa fonction il y a 20 ans et qu'elle rencontrerait le président Goodluck Jonathan, des ministres importants et des députés.

Le président nigérian Goodluck Jonathan avait promulgué début janvier une loi interdisant les unions entre personnes de même sexe et restreignant les droits des homosexuels, très critiquée sur la scène internationale.

La loi, adoptée à l'unanimité par les parlementaires nigérians en mai dernier, prévoit une peine de 14 ans de prison en cas de mariage homosexuel et 10 ans d'emprisonnement contre les personnes de même sexe affichant publiquement leur relation.

Les défenseurs des droits des homosexuels ont prévenu que cette loi, largement soutenue dans ce pays religieux et conservateur, légitimisait la violence homophobe et augmentait les risques de persécutions.

Mme Pillay faisait alors partie des critiques les plus virulentes, déclarant: "J'ai rarement vu une législation qui en aussi peu de paragraphes viole directement autant de droits fondamentaux et universels".

Quant à l'armée nigériane, elle est accusée d'exactions à l'encontre de civils et de présumés insurgés du groupe islamiste armé Boko Haram lors d'opérations de contre-insurrection dans le nord et le nord-est du pays.

Des ONG ont évoqué des détentions arbitraires dans des conditions inhumaines: traitements cruels et dégradants, tortures et maladies pouvant mener à la mort.

Les militants ayant rencontré mercredi Mme Pillay, qui reste trois jours au Nigeria, ont également souligné que la corruption endémique et l'impunité étaient les autres fléaux touchant le pays actuellement.

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