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Centrafrique: "pas de réconciliation sans la justice", prévient l'ONU

12/03/2014 02:05 EDT | Actualisé 12/05/2014 05:12 EDT

"Il n'y aura pas de réconciliation sans la justice" en Centrafrique, a prévenu mercredi le président de la Commission internationale chargée d'enquêter sur les violations des droits de l'Homme dans le pays, le Camerounais Bernard Acho Muna.

La Commission, arrivée mardi à Bangui, comprend deux autres experts, l'ancien ministre mexicain des Affaires étrangères Jorge Castañeda et la Mauritanienne Fatimata M'Baye, vice-présidente de la Fédération internationale des droits de l'homme (FIDH).

"La population centrafricaine doit désormais savoir qu'il n'y aura pas de réconciliation sans la justice, et que toute personne impliquée dans des actes de violence et des violations des droits de l'homme ne peut faire partie d'un gouvernement de réconciliation, ni échapper à la justice", a déclaré M. Muna, cité dans un communiqué de l'ONU.

"Nous voulons un nouveau départ, avec un processus de réconciliation qui prend en considération les victimes", a-t-il ajouté.

La Commission d'enquête, dont la période d'investigation s'étend du 1er janvier 2013 jusqu'à aujourd'hui, rencontrera les autorités de transition, les leaders politiques et religieux, la société civile, les représentations diplomatiques et internationales, ainsi que les forces militaires française et africaine.

Elle devra aussi identifier les auteurs des violations et abus pour d'éventuelles poursuites en justice, selon le communiqué.

La commission se rendra "partout où c'est nécessaire pour établir les faits", a dit son président.

Mercredi, elle est partie pour Boda, à 190 km à l'ouest de Bangui, où des violences ont fait plusieurs dizaines de morts depuis le début de l'année. Selon l'ONU, la ville est divisée en une zone musulmane et une zone non musulmane et quelque 11.000 civils musulmans y sont bloqués, sous la menace d'attaques de miliciens anti-balaka.

La Centrafrique s'est enfoncée dans un cycle infernal de tueries interreligieuses après des mois d'exactions contre les chrétiens, perpétrées en toute impunité par les combattants majoritairement musulmans de la Séléka qui avaient pris le pouvoir à Bangui en mars 2013.

En réaction, des milices d'autodéfense anti-balaka, a dominante chrétienne, se sont formées. Très rapidement, elles ont attaqué sans distinction anciens rebelles et civils musulmans, à Bangui notamment, magré la présence de la force de l'Union africaine et des soldats français.

Selon l'ONU, la proportion des musulmans a depuis chuté de 15% à 2% de la population totale.

La commission, dont la première mission doit durer deux semaines, remettra un premier rapport au Conseil de sécurité de l'ONU en juin.

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