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Élections 2014 - Pauline Marois a manqué de jugement sur PKP, selon Philippe Couillard

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PHILIPPE COUILLARD
PC

TROIS-RIVIÈRES, Qc - Après avoir louvoyé, le chef libéral Philippe Couillard rajuste le tir. Il s'aligne sur son adversaire caquiste François Legault à propos du magnat de la presse et candidat péquiste Pierre Karl Péladeau: il doit vendre ses actions de Québecor s'il choisit la politique.

En matinée, lundi, Philippe Couillard n'était pas allé aussi loin. Il réclamait davantage que la cession des actions dans une fiducie, sans exiger la vente de sa participation majoritaire dans l'empire de presse. Mais après avoir tergiversé, il a pris la même position que celle émise par son député Pierre Arcand et par M. Legault.

Dans un discours devant une centaine de militants à Trois-Rivières, en début de soirée, le chef libéral a donc été plus catégorique. Selon lui, Pierre Karl Péladeau n'a plus qu'un choix et Pauline Marois doit le forcer à choisir.

«Est-ce qu'il veut faire de la politique ou des affaires? Si la réponse est la politique, à cause de la nature de la business, qui est l'information libre et indépendante pour les Québécois, M. Péladeau doit se départir de ses actions», a-t-il dit sous les applaudissements.

Et c'est Pauline Marois qui doit prendre la décision, a-t-il précisé. Les «solutions intermédiaires» comme la fiducie sans droit de regard sont à écarter, compte tenu de la nature de l'entreprise, de la campagne électorale en cours et de la certitude que doivent avoir les Québécois d'obtenir une information indépendante, a-t-il ajouté.

La décision doit être prise rapidement, a insisté le chef libéral, qui ne craint pas que M. Péladeau ne s'appauvrisse en vendant sa participation.

M. Péladeau est l'actionnaire de contrôle de Québecor. Il veut confier ses actions à une fiducie sans droit de regard, avec des instructions claires et précises. Il s'est engagé à se conformer aux consignes du commissaire à l'éthique de l'Assemblée nationale, mais il a déjà indiqué qu'il n'allait pas vendre ses actions.

Plus tôt en matinée, Philippe Couillard avait accusé Pauline Marois d'être irresponsable, imprudente et d'avoir manqué de jugement en choisissant un magnat des médias comme candidat, sans s'assurer qu'il n'exerce plus d'influence sur son groupe de presse.

«Il est irresponsable de la part de Mme Marois de n'avoir pas pris davantage de précautions avant d'ajouter à son équipe une personne qui, quelles que soient ses qualités personnelles, contrôle une grande partie des médias écrits et électroniques au Québec», a déclaré Philippe Couillard au cours une conférence de presse dans un musée de Québec.

Le chef libéral redoute le parti pris des médias de Québecor à son endroit. «Il faut demander quelle est l'influence directe de M. Péladeau dans la ligne éditoriale, dans la première page, dans le traitement de l'information des médias qu'il contrôle avant l'élection, pendant la campagne et après l'élection? Ces questions n'ont pas obtenu de réponses satisfaisantes», a-t-il dit.

Puis, il en a rajouté. Il a jugé que la chef péquiste était «imprudente» en ne traitant pas plus sérieusement cette question du «contrôle possible, perçu, de l'information» dans une période électorale. Il estime que le droit du public à l'information et la liberté de presse sont menacés «si l'influence indue a existé, existe ou persiste».

Philippe Couillard n'a pas voulu énumérer d'indices qui lui auraient laissé croire qu'il aurait été victime d'un traitement médiatique défavorable de la part de Québecor.

M. Couillard a laissé entendre qu'il n'avait pas peur de M. Péladeau, mais il a reconnu qu'il s'avère être un adversaire de poids contre le camp fédéraliste. Malgré tout, il soutient que l'arrivée de l'homme d'affaires influent dans l'arène politique ne change pas la donne dans la campagne.

Enfin, il juge que les débuts politiques de Pierre Karl Péladeau compromettent les chances de Québec d'obtenir une équipe de la Ligue nationale de hockey (LNH). En effet, le baron de la presse tentait d'acquérir un club pour le futur amphithéâtre dont son empire a obtenu la gestion.

Enfin, M. Couillard a fait savoir qu'un gouvernement libéral abolirait 620 postes sur cinq ans au ministère de l'Éducation. Il espère ainsi économiser près de 200 millions $ en cinq ans. C'est l'engagement qu'il a pris lundi matin, en présentant le volet éducation de son programme.

Les libéraux veulent réduire de 500 employés les effectifs au ministère même, pour une économie de 112,5 millions $ au total sur cinq ans. Ils veulent aussi se débarrasser des Directions régionales du ministère, pour retrancher 15 millions $ par an, et 120 personnes en cinq ans.

M. Couillard souhaite ainsi redonner de l'autonomie aux écoles et aux commissions scolaires. Il assure que les sommes économisées seront réinvesties dans les services aux élèves.

Les libéraux veulent notamment lutter contre le décrochage scolaire. Ils veulent également renforcer l'apprentissage des langues, en relançant le programme d'anglais intensif en sixième année, qui est actuellement facultatif depuis l'arrivée des péquistes.

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