DIVERTISSEMENT
07/03/2014 02:23 EST | Actualisé 07/03/2014 02:24 EST

ICI Tou.tv: une formule simplifiée et une nouvelle section Extra

Kris Ubach and Quim Roser via Getty Images

ICI Tou.tv bonifiera son offre avec une section Extra d’ici la fin du mois de mars. L’avantage qu’offrira ce nouveau volet? Quelques 400 titres supplémentaires en contenus vidéo de qualité HD. Les abonnés de Rogers et Telus y auront accès d’emblée, gratuitement, tandis que ceux qui ne font pas affaire avec ces distributeurs devront adhérer à un forfait mensuel pour profiter de ce bonus.

Le ICI Tou.tv qu’on connaît demeurera le même, entièrement gratuit, mais son interface sera moderne et simplifiée dans la foulée de cette vague de changements. Il sera donc toujours possible de rattraper les épisodes de nos séries et téléromans préférés présentement diffusés à la télévision sans débourser d’argent.

Le catalogue de la section Extra, lui, sera dévoilé dans quelques semaines. On nous promet des séries d’envergure d’ici et d’ailleurs, en français, mises en ligne dans leur intégralité, et des films, qui cibleront principalement les 18-34 ans (la tranche d’âge qui délaisse le plus le téléviseur traditionnel au profit des ordinateurs, téléphones et tablettes), et qui demeureront disponibles plus longtemps que le matériel d’ICI Tou.tv de base. Par exemple, on trouvera Au bout du lac (version française de Top of the Lake) et Engrenages, une fiction française, mais ce ne sont là que les deux seuls titres qui ont été confirmés.

Il n’est pas exclu qu’ICI Radio-Canada y présente un jour en primeur des produits qui aboutiront éventuellement au petit écran, comme TVA et illico Club à volonté l’ont fait avec Les beaux malaises à la fin de 2013, mais cette option ne figure pas dans les plans de la société d’État pour le moment. Même chose en ce qui a trait aux productions originales; on pourrait en trouver du côté Extra d’ICI Tou.tv, mais pas dans l’immédiat et, pour l’heure, on a surtout évoqué la possibilité de créer des web-séries plutôt que des projets très ambitieux. On a aussi assuré qu’on ne recyclerait pas pour une énième fois les classiques déjà maintes fois rediffusées, comme Les belles histoires des pays d’en haut ou Les filles de Caleb.

Les coûts d’abonnement à ICI Tou.tv Extra pour les gens qui ne sont pas clients de Rogers et Telus seront connus lors du lancement de la plateforme. Ceux-ci auront l’avantage de jouir du contenu Extra sans aucune publicité.

Pas une réplique

Les discussions entre ICI Radio-Canada et Rogers et Telus se sont entamées il y a près d’un an.

«On avait le désir de faire évoluer notre offre et on a approché différents partenaires potentiels, a expliqué Marie-Philippe Bouchard, directrice générale Musique et Services numériques de la chaîne, lors d’un point de presse, jeudi. Rogers et Telus se sont montrés extrêmement enthousiastes dès la première rencontre, et tout a rapidement évolué de façon très positive.»

«C’était une demande de la clientèle, a poursuivi Madame Bouchard. La fréquentation d’ICI Tou.tv continue de bien se comporter, mais on constate que nos usagers sont aussi abonnés ailleurs. Alors, on se dit que, s’ils aiment notre marque, notre programmation, et si on leur offre une expérience enrichie, ils vont venir. Ce sont des strates qui s’ajoutent et, en 2014, ça s’imposait.»

Marie-Philippe Bouchard a affirmé que toutes ces modifications ne constituent pas une riposte à Netflix ou illico Club à volonté, deux services qui ne cessent de gagner en popularité.

«On est dans des marchés différents, a-t-elle insisté. C’est une continuation de notre travail de service public, de répondre aux besoins et intérêts de nos auditoires, et de faire évoluer nos modèles d’affaires. Bien sûr, on est dans un environnement de concurrence, alors on est plusieurs à solliciter certaines propriétés et clients, mais notre approche, c’est d’être constructif dans ce marché. C’est un devoir de service public, maintenant. On ne peut plus être une île isolée.»

Et les cotes d’écoute?

La direction d’ICI Radio-Canada a dû répondre, jeudi, à des questions relatives aux cotes d’écoute à l’heure où, justement, le public consomme de plus en plus ses séries fétiches ailleurs que devant le téléviseur. Par exemple, le cas de Série noire fait beaucoup jaser en raison de ses cotes d’écoute officielles décevantes, alors qu’on sait que plusieurs adeptes dévorent les aventures des deux scénaristes en panne d’inspiration sur ICI Tou.tv, sur tablette ou téléphone intelligent. Pourquoi alors est-il impossible d’inclure les données d’ICI Tou.tv dans le calcul des cotes d’écoute?

«Les cotes d’écoute de BBM sont liées à un code et calculées sur la base PPM (Parts per million), a détaillé Marie-Philippe Bouchard. L’appareil utilisé pour mesurer l’audience décode ce signal, qui est dans la fréquence télé. Ce code est attaché à la version intégrale de l’émission. Si celle-ci est regardée après avoir été enregistrée, le code est bien là et BBM le capte. Mais si l’émission est reprise sur une autre plateforme, et que la publicité d’origine n’y est pas, le code n’est plus là et l’appareil ne le reconnait pas. Chez ICI Tou.tv, on compte le nombre de branchements, mais certaines plateformes, comme Android, ne nous permettent pas de comptabiliser l’ensemble des branchements. Et on est capables de dire combien d’appareils se sont connectés, mais pas le nombre de personnes qui était devant cet appareil.»

Heureusement, on cherche à moderniser le processus pour s’adapter aux nouvelles réalités de l’industrie.

«BBM travaille très activement, parce qu’on sait que le besoin est là, et de toutes les façons, a juré Marie-Philippe Bouchard. Les organismes qui financent la production télé, comme le Fonds des médias du Canada, sont de plus en plus intéressés à avoir le vrai rendement des auditoires. Ça devient une nécessité pour les annonceurs et les opérateurs de chaînes et de services.»

Depuis sa création, en 2010, ICI Tou.tv a généré environ 138 millions de branchements, et en dénombre en moyenne 2,7 millions chaque mois.

INOLTRE SU HUFFPOST

Des citations marquantes dans les écrans québécois