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07/03/2014 10:41 EST | Actualisé 07/05/2014 05:12 EDT

Lev Tahor: la DPJ voudrait retirer les 127 enfants à leurs parents

PC

La Direction de la protection de la jeunesse (DPJ) des Laurentides demande aux autorités ontariennes de saisir les passeports des membres de la secte Lev Tahor qui vivent en Ontario, après avoir fui le Québec, en pleine nuit, en novembre dernier.

Le responsable de la DPG Denis Baraby craint une autre fuite collective. 

Neuf membres de la secte, dont six mineurs, qui faisaient face à des procédures des autorités ontariennes, ont quitté le Canada abruptement lundi, mais ont été interceptés à Trinité-et-Tobago. Une ordonnance de la cour les empêchait pourtant de quitter leur domicile de la région de Chatham, dans le sud-ouest de l'Ontario.

Six autres membres seraient au Guatemala, alors qu'une mère et son bébé se seraient réfugiés à New York, selon M. Baraby.

Ce dernier s'inquiète du sort des autres enfants de la secte juive ultra-orthodoxe en Ontario.

M. Baraby indique aussi que les parents des enfants qui ont fui le pays pourraient être accusés d'enlèvement, parce qu'ils ont fait fi d'une ordonnance de la cour. 

« On s'est bien fait avoir »

Denis Baraby a aussi affirmé en entrevue à l'émission 24/60 de Radio-Canada que la fuite de membres de la secte vers Trinité-et-Tobago était assez prévisible et que la décision de la cour ontarienne, le mois dernier, de leur accorder 30 jours pour interjeter appel était « surprenante ».

« Je pense qu'on s'est bien fait avoir, à peu près tout le monde, par les gens de cette communauté-là, qui manipulent bien leur environnement », s'est désolé M. Baraby.

Quelque 200 membres de la secte avaient quitté leurs demeures de Sainte-Agathe-des-Monts, au Québec, en novembre dernier, pour se réfugier à Chatham, dans le sud-ouest de l'Ontario.

À l'époque, la DPJ voulait retirer aux parents de deux familles la garde de leurs enfants. Le mois dernier, un tribunal ontarien avait donné le feu vert pour que 13 des 14 enfants soient placés dans des familles d'accueil du Québec, donnant 30 jours aux familles pour interjeter appel. M. Baraby estime que cette décision est inhabituelle dans ce contexte.

« En protection de la jeunesse, normalement, les jugements sont exécutables au moment où ils sont rendus. On a fait fi du passé. Ils ont fui le Québec pour se soustraire à la cour, et là, on leur donne un délai de 30 jours pour se préparer à quitter », dit le directeur de la DPJ pour les Laurentides.

Changement de ton

Alors que la fille du leader de la secte, Miriam G Helbrans, affirmait plus tôt cette semaine que les membres de la communauté interceptés à Trinité-et-Tobago étaient « partis en voyage », un porte-parole du groupe, Uriel Goldman, dit maintenant regretter que certaines familles aient quitté précipitamment le Canada.

M. Baraby, qui a contacté ses collègues ontariens, affirme que les enfants de la secte continuent de vivre dans des maisons où les conditions d'hygiène sont « questionnables ». Des mariages forcés ont aussi lieu dans la communauté, selon lui.