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06/03/2014 10:42 EST | Actualisé 06/05/2014 05:12 EDT

Culture du viol: l'Université d'Ottawa lance un groupe d'étude (VIDÉO)

OTTAWA - Le recteur de l'Université d'Ottawa a indiqué jeudi que l'institution va mettre sur pied un groupe de travail pour lutter contre les comportements sexistes et la violence faite aux femmes, alors que des allégations d'agression sexuelle et de harcèlement continuent de résonner sur le campus.

Les hommes visés par ces allégations ne seront pas expulsés, a précisé Allan Rock. Et jusqu'à maintenant, aucun employé de l'université n'a non plus été réprimandé.

M. Rock répond ainsi à deux incidents troublants qui ont ébranlé le campus au cours des derniers jours.

L'équipe de hockey masculin de l'université a été suspendue lundi dans la foulée d'une enquête policière sur une présumée agression sexuelle survenue à Thunder Bay, en Ontario.

D'autre part, quatre leaders étudiants ont démissionné la fin de semaine dernière après qu'une discussion privée à caractère sexuel sur le réseau social Facebook à propos d'Anne-Marie Roy, la présidente de la principale association étudiante, eut été rendue publique.

«Nous annonçons la création d'un groupe de travail sur le respect et l'égalité, qui comprendra des professeurs, des employés et des étudiants», a déclaré le recteur en conférence de presse, jeudi à Ottawa.

M. Rock précise que le groupe de travail s'intéressera aux façons d'offrir de la formation, en plus de trouver des méthodes pour réaffirmer une culture de respect. Ce groupe étudiera également les pratiques qui ont porté fruit sur d'autres campus universitaires et dans d'autres milieux.

Et si le recteur a qualifié de sérieuses les allégations contre les jeunes hockeyeurs, il a rappelé qu'elles n'avaient pas encore été prouvées en cour. Les étudiants visés ne seront donc pas suspendus jusqu'à ce que cette histoire soit tirée au clair.

Certains étudiants ont pour leur part fait remarquer que la suspension du programme de hockey, plutôt que des joueurs eux-mêmes, est un geste inoffensif puisque la saison est maintenant terminée. M. Rock a toutefois précisé que les joueurs visés s'étaient aussi vu interdire l'accès aux autres installations sportives de l'université.

Le recteur a refusé jeudi d'indiquer à quel moment, après la présumée agression à Thunder Bay, l'entraîneur de l'équipe de hockey avait eu vent de l'incident.

La chancelière de l'Université d'Ottawa, Michaëlle Jean, a affirmé que les récents incidents ont provoqué d'importantes ondes de choc sur le campus. Certaines étudiantes ont dénoncé une «culture du viol», a reconnu l'ex-gouverneure générale, affirmant qu'un changement troublant semblait avoir lieu.

«Les propos dont nous avons pris connaissance sont d'une grossièreté inouïe; les mots et les actes que nous déplorons sont une offense non seulement pour une personne, non seulement pour les femmes, mais je dirais pour l'ensemble de la communauté universitaire, et pour l'ensemble de la société», a déclaré Mme Jean en conférence de presse.

Mme Roy, la présidente de l'association étudiante, a quant à elle été accusée, par d'autres étudiants, d'avoir exagéré l'ampleur de son affaire lorsqu'elle a elle aussi parlé d'une «culture du viol» sur le campus.

Pour Michaëlle Jean, toutefois, ce phénomène doit être éradiqué.

Avant de rendre la conversation Facebook publique, Mme Roy s'est vue menacée de poursuites judiciaires par quatre des cinq participants. Une fois que l'affaire a éclaté au grand jour, la leader étudiante précise qu'ils se sont calmés.

Des représentants de l'association étudiante qui assistaient à la déclaration du recteur, jeudi, ont refusé de commenter, disant vouloir prendre le temps d'analyser la proposition. Quant à la police de Thunder Bay, pas question de dévoiler des détails sur l'enquête en cours, et aucune accusation n'a été portée pour l'instant.