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Irak: attentats visant des quartiers chiites à Bagdad, 14 morts (responsables)

05/03/2014 04:09 EST | Actualisé 04/05/2014 05:12 EDT

Neuf attentats visant essentiellement des quartiers chiites à Bagdad ont fait mercredi au moins 14 morts, ont rapporté des responsables alors que l'Irak connaît ses pires violences depuis six ans.

Sept voitures piégées et deux bombes posées en bord de route ont explosé dans six quartiers de la capitale, faisant également plus de 70 blessés, selon les mêmes sources.

Bagdad, l'une des villes les plus visées par les violences en Irak, est la cible d'attentats quasi-quotidiens.

Une des voitures piégées a explosé mercredi près de l'Université de technologie dans le quartier de Kerrada, dans le centre de la capitale, tuant trois personnes et en blessant 10.

"Le terroriste comptait faire exploser la voiture sur la route principale près de l'université", mais il l'a finalement laissé dans une rue adjacente les forces de sécurité n'autorisant pas les voitures à se garer là-bas, a déclaré un officier de police sur place.

Un journaliste de l'AFP a vu les restes calcinés de la voiture et indiqué que deux voitures ainsi que plusieurs maisons du voisinage avaient été endommagées par l'explosion.

Les attaques n'ont pas été revendiquées mais les jihadistes sunnites visent souvent la communauté chiite, majoritaire en Irak.

Elles sont survenues au lendemain d'une attaque menée par deux kamikazes contre la mairie de Samarra, au nord de Bagdad, au cours de laquelle ils ont retenu plusieurs personnes en otages avant de faire détoner leurs ceintures d'explosifs, tuant au total six personnes et faisant 46 blessés. Une voiture piégée conduite par un kamikaze avait explosé simultanément près du bâtiment.

L'attaque de Samarra a été revendiquée sur un forum jihadiste par l'Etat islamique en Irak et au Levant (EIIL), un groupe jihadiste actif également en Syrie.

"Trois lions de l'Etat islamique" ont attaqué le bâtiment, "tué ses gardes, exécuté ses membres, et pris le contrôle total du Conseil".

L'Irak est plongé depuis début 2013 dans une nouvelle spirale de violences, renouant avec les niveaux de 2008, lorsque le pays sortait à peine de deux années d'un conflit confessionnel ayant fait des dizaines de milliers de morts, après l'invasion américaine de 2003.

Cette escalade est alimentée par le mécontentement de la minorité sunnite, qui se sent marginalisée par le gouvernement du chiite Nouri al-Maliki, et par le conflit en Syrie voisine, qui a favorisé la montée en puissance d'insurgés sunnites engagés des deux côtés de la frontière.

Depuis deux mois, des combattants anti-gouvernementaux, dont des jihadistes, contrôlent Fallouja et des secteurs de Ramadi, respectivement à 60 et 100 km à l'ouest de Bagdad, dans la province à majorité sunnite d'Al-Anbar, frontalière de la Syrie.

Les combats dans cette province ont poussé à l'exode plus de 370.000 personnes, le plus important déplacement de population en Irak depuis les violences confessionnelles il y a sept ans, selon l'ONU.

Plus de 1.800 personnes ont été tuées dans les violences depuis le début de l'année, selon un bilan de l'AFP compilé à partir de sources médicales et des services de sécurité.

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