POLITIQUE

Scandale du Sénat: un haut fonctionnaire muselé

04/03/2014 06:04 EST | Actualisé 04/05/2014 05:12 EDT
CP

OTTAWA - Le gouvernement conservateur a refusé à un haut fonctionnaire de Bibliothèque et Archives Canada de s'adresser aux médias l'an dernier au coeur du scandale des dépenses au Sénat, montrent des documents récemment divulgués.

Ces documents donnent un aperçu du contrôle serré de la circulation d'informations même de nature technique durant une période où le gouvernement affrontait une crise politique et faisait face à des allégations de camouflage.

En décembre, La Presse Canadienne a demandé une mise en contexte par un responsable de Bibliothèque et Archives Canada à propos des lois et réglementations entourant l'archivage et l'élimination des courriels au sein du gouvernement.

Les médias s'intéressaient à ces règles après qu'un document de la police eut laissé croire que tous les courriels appartenant à Benjamin Perrin, anciennement un avocat au bureau du premier ministre, avaient été éliminés à la suite de sa démission.

M. Perrin était informé de l'entente conclue entre Mike Duffy et Nigel Wright, l'ex-chef de cabinet du premier ministre Stephen Harper, pour couvrir les coûts de remboursement des allocations de dépenses inappropriées du sénateur en disgrâce.

Tant M. Wright que M. Duffy ont fait l'objet d'allégations par la police de fraude et de pots-de-vin, et ont réfuté ces allégations. Aucune accusation n'a été portée.

Quelques heures après avoir reçu la requête de La Presse Canadienne, le 4 décembre, des fonctionnaires à Bibliothèque et Archives Canada avaient identifié un expert pouvant fournir des renseignements le jour suivant.

Mais une série de courriels, dévoilés cette semaine en vertu de la Loi sur l'accès à l'information, montrent que des responsables du Bureau du Conseil privé — centre de la bureaucratie et ministère du premier ministre et du cabinet — et du ministère du Patrimoine canadien ont rapidement mis le holà à la mise en contexte aux médias par cet expert.

Au moins un autre journaliste, dont le nom a été caviardé pour des raisons de vie privée, demandait aussi une mise en contexte.

Il a finalement été dit à La Presse Canadienne que la seule personne qui pouvait répondre à la demande était «à l'extérieur de la ville».

Il a ensuite fallu se mettre à plusieurs pour répondre à une série de questions par courriel soumis subséquemment par La Presse Canadienne.

Au moins 32 fonctionnaires à Bibliothèque et Archives Canada, au Bureau du Conseil privé, au secrétariat du Conseil du Trésor et à Patrimoine Canada ont été en copie conforme sur des réponses en multiples allers et retours. Aucune question ne portait spécifiquement sur l'affaire Perrin.

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