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Les dirigeants du Hamas dénoncent l'interdiction du mouvement islamiste en Egypte

04/03/2014 07:35 EST | Actualisé 04/05/2014 05:12 EDT

Les dirigeants du Hamas, au pouvoir à Gaza, ont dénoncé mardi l'interdiction en Egypte par la justice des activités du mouvement islamiste palestinien, accusant Le Caire de "servir l'occupation israélienne".

"Une telle décision vise à étrangler la résistance et sert l'occupation israélienne", a déclaré à l'AFP Bassem Naïm, conseiller pour les Affaires étrangères du chef du gouvernement du Hamas, Ismaïl Haniyeh, espérant que cette décision ne se traduirait pas par "des restrictions à la circulation des personnes" à Gaza.

"Nous condamnons cette décision, que nous considérons comme choquante et répréhensible, dénoncée non seulement par le Hamas, mais par toutes les forces de la résistance du peuple palestinien, au moment où nous attendons de l'Egypte qu'elle soutienne le peuple palestinien", a-t-il ajouté.

"Nous appelons tous les mouvements et partis égyptiens à rejeter cette décision et à réclamer son annulation", a exhorté Bassem Naïm, en soulignant que "la Palestine et Gaza sont à la pointe du combat en faveur des nations arabes et musulmanes et de la protection de la sécurité nationale de l'Egypte".

Un porte-parole du Hamas à Gaza, Sami Abou Zouhri, a également démenti que le mouvement islamiste palestinien opère en Egypte.

"Nous demandons à l'Egype de soutenir la résistance (palestinienne). Sa décision, qui la situe aux côtés de l'occupant sioniste, risque de l'isoler du combat historique de la cause palestinienne", a argué le porte-parole.

A l'extérieur de Gaza, Ezzat al-Rishq, un membre du bureau politique du Hamas, a qualifié la décision égyptienne de "très dangereuse".

"Elle va ouvrir les portes à de nouvelles agressions et à la guerre contre Gaza", a averti ce proche du chef du Hamas, Khaled Mechaal, qui s'est installé à Doha après avoir quitté Damas.

Un tribunal égyptien a interdit mardi le Hamas, considéré comme la branche palestinienne des Frères musulmans, mouvement du président islamiste destitué Mohamed Morsi, décrété organisation "terroriste" par Le Caire en décembre, a annoncé une source judiciaire.

Depuis que l'armée égyptienne a destitué et arrêté le 3 juillet M. Morsi, seul président jamais élu démocratiquement du pays, le nouveau pouvoir instauré par les militaires réprime dans le sang ses partisans, notamment les Frères musulmans, et accuse le Hamas, qui dément catégoriquement, de "comploter" pour mener des actions violentes en Egypte.

Le Hamas avait accueilli la victoire électorale de Mohamed Morsi en juin 2012 avec des scènes de liesse à Gaza.

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