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La Méditerranée doit être le coeur et non la frontière de l'Europe(Renzi)

04/03/2014 01:01 EST | Actualisé 04/05/2014 05:12 EDT

Le nouveau Premier ministre italien Matteo Renzi a jugé mardi que la Méditerranée devait être le coeur de l'Europe et non sa frontière, lors d'un déplacement à Tunis, sa première visite à l'étranger depuis sa prise de fonction en février.

"La Méditerranée n'est pas la frontière mais le coeur de l'Europe", a-t-il déclaré lors d'une conférence de presse avec son homologue Mehdi Jomaa.

"J'ai choisi la Tunisie pour ma première visite à l'étranger en tant que Premier ministre pour montrer la centralité que l'Italie attache à la Méditerranée", a encore dit M. Renzi, s'exprimant par alternance en français.

Le chef du gouvernement italien a aussi promis que la politique méditerranéenne sera au coeur de la politique de l'Italie lorsqu'elle présidera l'Union européenne au second semestre 2014.

Il aussi indiqué avoir abordé avec son homologue la question douloureuse de l'immigration clandestine, en raison des nombreuses embarcations de fortune transportant des candidats à l'Europe qui partent de Tunisie et de Libye pour aller à Lampedusa, île italienne au large des côtes tunisiennes.

Des drames y ont lieu régulièrement. Des centaines de personnes ont encore péri au large de l'île en octobre 2013 et fin février la marine tunisien a dû secourir une centaine de migrants dont l'embarcation a pris l'eau au large de la Tunisie.

Les deux dirigeants se sont ainsi engagés "à renforcer la coopération dans le domaine de l'immigration". "Nous pensons que cette coopération peut être un modèle", a dit M. Renzi, promettant "une assistance complète" sans plus de précisions, tout en affirmant avoir constaté une "diminution incroyable dans ce secteur".

L'UE et la Tunisie ont signé lundi un accord qui prévoit notamment une simplification des visas et une plus grande ouverture à l'immigration régulière en échange de la lutte contre l'immigration clandestine.

De son côté M. Jomaa a salué la visite de M. Renzi "venu avec de nouvelles idées englobant (...) le pourtour méditerranéen et les relations bilatérales".

Enfin, le dirigeant italien a loué la Tunisie "premier pays du Maghreb qui a décidé d'investir dans la démocratie et les libertés".

L'adoption d'une Constitution en janvier, trois ans après la révolution de 2011, et la démission du gouvernement dirigé par les islamistes d'Ennahda dans la foulée ont permis l'entrée en fonction d'un cabinet d'indépendants dirigé par M. Jomaa dont la principale mission est d'organiser des élections législatives et présidentielle avant la fin 2014.

Ces scrutins sont censés achever la stabilisation du pays, qui a connu une année 2013 mouvementée, marquée par l'assassinat de deux opposants de gauche, la mort d'une vingtaine de militaires et de gendarmes dans des heurts avec des groupes jihadistes et une paralysie institutionnelle de plusieurs mois.

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