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Japon: le Bitcoin, une "marchandise, pas une monnaie", que le gouvernement va encadrer (presse)

04/03/2014 07:18 EST | Actualisé 04/05/2014 05:12 EDT

Le gouvernement japonais entend définir des règles claires et coercitives pour les transactions en Bitcoins qu'il considère comme étant une "marchandise" et non "une monnaie", écrit mercredi en une le quotidien économique Nikkei.

Mardi, d'autres journaux avaient indiqué que le ministère des Finances et l'Agence des impôts réfléchissaient à diverses formes de taxation des opérations en Bitcoins(BTC), une monnaie immatérielle internationale auto-régulée qui peut servir à payer des biens et services ou être troquée contre des devises.

L'Agence des impôts tend en effet à considérer que la taxe sur la consommation (équivalent de la TVA française) doit être payée pour des achats réglés en Bitcoins et que les impôts sur les sociétés doivent être acquittés pour celles qui en profitent, de même que devraient être taxés les bénéfices que des particuliers tirent d'investissements en Bitcoins.

Cette fois, le Nikkei va plus loin en affirmant que non seulement les autorités japonaises veulent taxer les Bitcoins, mais en plus freiner leur expansion en limitant les possibilités d'échange.

Selon ce quotidien économique généralement bien documenté, le gouvernement veut interdire aux banques privées d'échanger des Bitcoins, bannir les comptes spéciaux et empêcher les maisons de courtage de les prendre en charge.

Le gouvernement devrait rendre publiques dès cette semaine les grandes lignes de ses projets, en réponse à une question sur le statut légal des Bitcoins soulevée par un parlementaire de l'opposition.

Le ministre des Finances, Taro Aso, s'est montré très sévère ces dernières semaines à l'égard des Bitcoins, alors que la plate-forme d'échange dédiée MtGox, installée au Japon mais dirigée par un Français, provoquait un scandale en stoppant les transactions puis en déposant le bilan avec une lourde ardoise, prétendument en raison d'un "bug" informatique. Quelque 850.000 Bitcoins auraient disparu affectant 127.000 clients.

Les autorités financières nippones jugent que les Bitcoins, qui échappent aux Etats et banques centrales, doivent faire l'objet de règles internationales puisqu'ils s'échangent au-delà des frontières.

Bénéficiant de l'anonymat, ces Bitcoins sont en outre considérés comme des outils parfaits de blanchiment d'argent, ce contre quoi veut aussi lutter le gouvernement japonais.

Si le Japon parvient à mettre en place des règles strictes pour les Bitcoins, ce sera le premier exemple (qui pourrait faire école) parmi les pays riches, souligne le Nikkei.

Le Canada, l'Allemagne ou encore la Corée du Sud s'interrogeraient aussi sur un encadrement, tandis que d'autres pays plus coercitifs, comme la Russie et la Chine, ont déjà restreint l'usage desdits Bitcoins.

kap/ob

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