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Al-Sissi entend briguer la présidence égyptienne

04/03/2014 05:43 EST | Actualisé 04/05/2014 05:12 EDT

Le maréchal Abdel Fattah Al-Sissi, chef des forces armées égyptiennes et ministre de la Défense, a indiqué mardi ne pas pouvoir « tourner le dos alors que la majorité des Égyptiens me demandent d'être candidat à la présidentielle ».

Il a ainsi confirmé de façon implicite qu'il se présentera comme candidat à l'élection présidentielle de cette année. Il a ajouté, lors d'une cérémonie de remise de diplômes à l'École de guerre du Caire, qu'il entreprendrait les procédures officielles dans les prochains jours.

Al-Sissi doit en effet démissionner de ses postes au gouvernement et dans l'armée afin de pouvoir se présenter officiellement.

Celui qui a été un joueur majeur dans la destitution en juillet dernier du président issu des Frères musulmans Mohamed Morsi est donné favori pour cette élection depuis plusieurs semaines, avant même qu'il ne commence à déclarer ouvertement son intérêt pour le poste.

Les choses se sont accélérées depuis l'adoption en janvier d'une nouvelle constitution égyptienne. Le Conseil suprême des forces armées avait à ce moment donné son feu vert à Al-Sissi. En entrevue au début de février, il avait déclaré à un journal koweïtien qu'il ne rejetterait pas cet « appel » et qu'il n'avait pas « d'autre choix ».

Frictions à prévoir

Attendue favorablement par une partie de la population de l'Égypte, la candidature d'Al-Sissi promet d'aggraver les tensions entre les forces de l'ordre et les partisans islamistes de Mohamed Morsi.

Depuis la destitution du premier président élu démocratiquement de l'histoire du pays, les Frères musulmans ont été réprimés dans leur contestation de la légitimité de ce qu'ils qualifient de coup d'État.

Les Frères musulmans ont d'ailleurs été déclarés organisation terroriste. Ils ont vu leurs dirigeants incarcérés et plus de 1000 de leurs membres tués. La candidature d'Al-Sissi, homme proche de l'armée, n'augure pas un retour au calme entre les opposants.

Les partisans d'Al-Sissi voient en lui un homme fort qui peut sortir la crise politique et économique dans laquelle l'Égypte s'enlise depuis la fin de la dictature d'Hosni Moubarak, résultat des révoltes du printemps arabe de 2011.

Selon le candidat, l'Égypte traverse une période difficile qui rend encore plus nécessaire l'unité du peuple, de l'armée et de la police.

Ces paroles laissent présager, en cas d'élection, un retour officiel au pouvoir de l'armée. Celle-ci a dirigé l'Égypte à partir du renversement de la monarchie, au début des années 1950, à la chute de Moubarak. Le gouvernement en place depuis la chute de Moubarak a toutefois été installé par l'armée.

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