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À Châteauguay, les jeunes en difficulté risquent de perdre leur toit

04/03/2014 03:04 EST | Actualisé 03/05/2014 05:12 EDT

L'Élan des jeunes, qui a hébergé depuis octobre 2011 une centaine de jeunes de 16 à 22 ans risque de fermer ses portes faute de financement. 

Un texte de Marie-Laure Josselin Twitter Courriel

Depuis sa création, la maison d'hébergement communautaire a réussi à vivre grâce au 650 000 $ qu'elle a réussi à amasser. Mais aujourd'hui, les coffres sont presque vides. « Actuellement, le financement est épuisé et on a atteint un point critique », explique la coordonnatrice, Isabelle Dubuc.

Avec sept employés qui se relaient 24 heures sur 24, l'organisme a besoin d'environ 300 000 $ par an pour fonctionner.

Les rumeurs d'élections brouillent les cartes

L'Élan des jeunes espère obtenir de nouveaux fonds grâce à l'enveloppe de 120 millions sur trois ans ajoutée au programme de soutien aux organismes communautaires du ministère de la Santé et des Services sociaux, annoncée par le gouvernement Marois en novembre dernier.

D'éventuelles élections pourraient toutefois compromettre le tout. « On pense qu'il n'est pas réaliste, avec le déclenchement des élections, d'obtenir des sous de ce programme pour la tranche du 1er juillet. Ça irait plutôt au 1er octobre et nous avons un manque à combler de 60 000 $ pour tenir jusqu'à cette date », poursuit Isabelle Dubuc.

Une fermeture, même temporaire, aurait de sérieux impacts : perte de la maison, perte des intervenants formés, mais aussi des jeunes qui se retrouveraient à la rue ou qui devraient partir loin de leur milieu pour trouver un hébergement. Or, les réalités ne sont pas les mêmes et les jeunes se retrouvent davantage confrontés à la prostitution et aux gangs de rues, expliquent les professionnels du milieu.
Et surtout, il n'y a pas de place ailleurs.

Les autres maisons affichent complet

Michelle Miron, qui travaille dans une autre auberge du cœur, l'Antre-Temps, à Longueuil, n'y va pas par quatre chemins : « Ce serait catastrophique, un désastre si l'Élan fermait », explique-t-elle. Son organisme offre 14 places et a dû refuser plus de 155 jeunes l'an dernier. À Montréal, on parle de 1500 refus.

L'Élan des jeunes, de son côté, possède six lits. Six petites places qui peuvent faire la différence, car elles se trouvent près de l'école, du travail ou du réseau.

Et cela Emma, 22 ans, le sait bien.

La jeune fille est arrivée à l'Élan des jeunes, « en crise et conflit avec ses parents », à cause de sa maladie mentale. Alors elle est venue pour « retomber sur ses pattes ». Pour elle qui en est à son deuxième séjour, c'était rassurant d'être dans son coin.

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Emma a gardé son travail et va à l'université. Dans quelques jours, elle quittera l'Élan pour aller en appartement supervisé.

Créé en 2011 grâce à la mobilisation des professionnels des milieux scolaire et communautaire, des CLSC et du Centre jeunesse, l'Élan des jeunes dessert le territoire de Jardins-Rousillon, qui compte 24 municipalités.

La création de maisons de ce genre reste toujours « un petit miracle », explique Marc St-Louis, le président du Regroupement des Auberges du cœur du Québec dont fait partie l'Élan des jeunes. « L'idée de voir s'anéantir toutes ces années d'effort de la communauté de Châteauguay est profondément inquiétante, voire choquante », poursuit-il.

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